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Jérôme Mesnager paints artwork for Franprix

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

Happy birthday Franprix! Working in association with the French supermarket chain, veteran first generation Parisian street artist, Jérôme Mesnager, plants his latest work outside one of its shops in Saint-Ouen in the department of Saint-Seine-Denis, in the northern outskirts of Paris. Mesnager’s painting celebrates the 60-year anniversary of the company’s founding, depicting two of Mesnager’s hommes en blancs characters, who hold hands and seem to frolic into the distance, surrounded by birds. Franprix is part of the Casino group of grocery outlets, which holds an 11.6% share of the French market, and owns chains across the world, from Brazil to the Indian Ocean. Many people love to praise the democratising power of street art. Without the stuffiness and nepotism of the art gallery, street artists make art more accessible, using it as a voice for the disenfranchised. Therefore, Mesnager’s promotion of one of France’s biggest supermarket chains jars a little.

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

Several years ago, Franprix, formerly known for stocking a wide selection of budget items, undertook a massive refit of its portfolio of shops, while simultaneously hiking up its prices on many everyday products. It is far from a small community institution to be cherished and celebrated, rather a symbol of the growing levels of income inequality in France and across the world.

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

Not only do big supermarket monopolies exploit their workers, their control of the market also allows them to manipulate and reduce the choice of consumers. As supermarket groups continue to grow and snap up local chains, food producers are forced to merge and grow to keep up with bulk orders, disfavouring smaller producers. Supermarkets also use insidious market tactics to try and influence the buying habits of their customers, which they are able to track through loyalty cards. For example, unhealthy treats such as sugary cereal are often placed at children’s eye-level to try and increase sales.

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffitiMany people love to praise the democratising power of street art. Without the stuffiness and nepotism of the art gallery, street artists make art more accessible, using it as a voice of for the disenfranchised. Therefore, Mesnager’s promotion of one of France’s biggest supermarket chains jars a little.

Let’s take the Walton family, for instance. Owners of an even bigger supermarket chain, Walmart, they are the wealthiest family in the United States of America with an estimated fortune of perhaps $175,000,000,000 ($175 billion) divided across seven individuals. While Walmart employees struggle on social security assistance to complement their barely $10 per hour Walmart wage, the seven family members hold more wealth than the entire bottom 40% of Americans. Moreover, a 2014 report revealed that around $6,200,000,000 ($6.2 billion) of tax revenue was spent on public assistance for Walmart employees on an unfair wage. Happy birthday Franprix!

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

Just as chains like Franprix will only display the most perfectly shaped bananas to their customers, Jérôme Mesnager presents us with his frolicking hommes en blanc, representations of the Greek ideal of the perfect male body. However, we should not celebrate the false perfection that stores like these attempt to convey to us. The wealth and power that supermarket chains have accumulated, is something to be scorned and mistrusted.

Jérôme Mesnager Franprix 60 ans anniversaire Saint Ouen street art paris live painting graffiti

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Website of Jérôme Mesnager, here

Instagram of Jérôme Mesnager, here.

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Interview avec Jerry Batista

Jerry Batista painting - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2102Jerry dessine à main levée un personnage sur le mur, avec un pallier divisant le mur en deux teintes pour son installation à la résidence ZAT.

Jerry Batista est originaire de Grajaú dans le quartier Zona Sul de Sao Paulo et codirige la galerie A7MA installée dans le quartier Vila Madalena, avec un groupe d’artistes et de sérigraphes qui ont évolué parallèlement à la scène graffiti-street art et musicale de Sao Paulo. Voici une interview de Jerry réalisée à Grajaú, accompagnée d’images d’une peinture murale qu’il a peint, ici, dans le quartier phare des fresques murales de Paris, le 13ème arrondissement, près de la station de métro Nationale, devant la première grande fresque de Shepard Fairey à Paris.

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2446

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris
Jerry ajoute sa couche de base pour sa peinture murale dans le 13ème arrondissement de Paris.

interview Jerry Batista in Grajau, Sao Paulo, Brazil, street art graffiti by street art paris
Jerry Batista explique la scène artistique locale de Grajaú dans une interview avec Streetartparis.fr.

Je pense à … comment as-tu appris … comment vois-tu la différence entre l’époque où tu étais plus jeune et que tu peignais, et cette nouvelle génération, y-a-t-il un changement de thème ?

Comment vois-tu ce nouvel horizon qui émerge ?

Alors… la différence commence par le fait que nous avions, certes, des professeurs, mais ils n’étaient pas vraiment des professeurs de graffiti, ils n’étaient pas des professeurs de cet art urbain… mais nous avions de bons enseignants ; cette nouvelle génération a eu la chance d’avoir des enseignants, de parler un peu de ces expériences …

Ce que je vois de différent… Grajaú a lui-même toujours été connu comme un lieu de peinture figurative. Cette nouvelle génération fait encore de la peinture figurative, mais un peu plus abstraite, le langage n’est pas pour autant plus clair que dans mon temps. Il y a des choses plus subliminales, certains messages ne sont pas si clairs. Je pense que c’est bien ce qui est en train de se passer, car cela montre que si l’art est le fruit d’une période, cette nouvelle génération ne peindra pas les mêmes choses que j’ai peintes. Ils vont créer de nouvelles choses qui appartiennent à leur époque … Ils ont des mots qu’ils utilisent beaucoup…

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris

L’utilisation des mots est-elle plus courante aujourd’hui ?

Ils utilisent plus les mots en effet … les mots singuliers ont toujours existé car ils expriment parfois certains moments ou choses ; la poésie frappe aujourd’hui parmi cette nouvelle génération de peintres, qui est aussi plus … plus vectorielle, quelque chose qui appartient au langage moderne, de l’internet. Je pense que c’est tout aussi bien.

Et (—) parfois ces mots chantent, parfois, ce sont des choses existentielles, ils font beaucoup ce genre de choses, parfois subliminales, un peu abstraites, et d’autres fois un peu plus … mais pas très évident mais plus avec quelques mots qui donnent une direction.

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2447Installation de Jerry Batista pour la Résidence artistique ZAT à Sao Paul, organisée par Tinho alias Walter Nomura.

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris

Jerry Batista painting - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris cpt Juliana Maria Cerquiaro
Détail d’une peinture à l’huile faite sur un tableau d’école brésilien d’origine pour l’installation ZAT de Jerry à São Paulo.

Jerry Batista oil painting sao paulo artist by street art parisPeinture à l’huile sur le plateau d’un casier d’écolier rouillé.

Des mots existentiels tels que ?

Ils ont plusieurs amis faisant des erreurs, perdant des gens, cela participe au changement, de sorte que ces éléments les affectent aussi, donc ils mettent ces choses essentielles, les choses de l’Internet. C’est ce qui est différent, ils représentent beaucoup de choses provenant d’Internet, mais aujourd’hui ils écrivent beaucoup de messages, ils utilisent beaucoup cette manière de communiquer, donc je pense que c’est important aussi.

Comment utilisent-ils Internet ?

Oh, ils utilisent leur Instagram, leur Facebook pour toucher le plus de monde possible, mais pas seulement les personnes de la communauté. Donc ils peignent ici et là mais ils sont également préoccupés par les habitants de la Zona Norte donc cela se répand davantage. Ils essayent aussi d’avoir, par ce biais, des contacts avec ces gens, donc c’est vraiment bien, Ils viennent ici et vont peindre également dans le centre, donc c’est assez saisissant.

Une chose que je vois et qui est frappante, est l’utilisation du latex, ils en utilisent beaucoup, puisqu’ils n’ont pas le choix, l’aérosol est cher et le latex un peu plus abordable, on peut remplir de grande surface avec, alors la plus part des gens à Grajau utilise toujours le latex avec l’aérosol ce qui est enfaite une vieille technique de l’école du graffiti, exactement pour cette raison, à cause de la nécessité. C’est assez frappant ici en ville.

Jerry Batista eduardo srur - street art graffiti sao paulo brazil by street art parisJerry Batista et ses amis, parmi lesquels l’artiste conceptuel brésilien, Eduoardo Srur.

Tu parlais de l’horizon, mais je n’en ai pas très bien saisi le concept…

Tu vois les gens, comment ils utilisent, comment ils utilisent l’information, ils doivent changer… ce qui est aujourd’hui plus large. Je pense que l’évolution des artistes est liée à cette ouverture, donc tu continues de collecter des choses et de les traiter.

Comment tu vois ces artistes, pas seulement de la nouvelle génération ; comment il tire profit de cet horizon plus étendu ?

J’aime beaucoup ce nouveau procéder, d’internet… Je pense que c’est un très bon moyen d’expression orale, les photos, aujourd’hui tu postes une photo et quelqu’un que tu ne connais pas en Angleterre la commente et te donne la possibilité d’échanger avec elle, parfois il ne parle pas la même langue mais la discussion est quand même possible, donc je pense que c’est vraiment bien comme ça, de voir des gens qui s’identifient eux mêmes, pas juste les brésiliens mais des gens de partout ; ce web, ces contacts que nous collectionnons sont vraiment importants pour le monde moderne, je pense, pour ne pas rester bloqué à un seul endroit.

Je pense que le risque aujourd’hui d’être un artiste et de mourir dans son quartier est très bas si tu utilises internet… tu vas avec ces gens qui vont aimer ce que tu aimes et qui vont vouloir te suivre, le processus de ton travail, c’est un peu ça.

Il parle de la possibilité de nos jours d’absorber cette information qui est produite (…) mais il va la réinterpréter ici, les techniques, les thématiques, comment tu vois ça ?

Comment tu ressens cette interprétation, de la réalité locale, comment tu vois les œuvres des autres artistes… Cela va et vient vers toi et tu continues ton travail, comment tu vois ça ?

Le problème des influences, du monde moderne, cela te fait aussi entrer en contact avec d’autre artistes, d’autres personnes.

Parmi notre école, nous avons toujours été préoccupé par ce fait de copier les autres, de les voir… dans une telle extension de la vieille école, qui est formé par Tinho, Jame, ces gens font face à des problèmes, tu sais, et puis les histoires arrivent, les gens critiques, alors ils se mettent à se concentrer pour trouver leur propre style.

Je pense que ces choses sont importantes mais il faut prendre en compte qu’être unique est le seul secret pour développer un bon art (…) Une fois, les gens ont demandé, une femme à demander à un photographe : “Oh, il y a tellement de photographes aujourd’hui…”, le type a commencé à prendre des photos, tout le monde lui disait de ne pas poursuivre car il y a déjà trop de monde faisant la même chose. “Qu’est-ce que tu penses de ça?” Le type lui répond “Si tu as une unique vision, si ton point de vue est spécial, tout le monde voudra le voir car les gens veulent voir l’individualité, ce que chacun a à offrir.” Alors les gens se sont sentis concernés, d’avoir quelque chose d’unique et de spécial à transmettre, mais c’est évident que les références et les influences ne peuvent être oubliées.

Mais oui, pour absorber ça et l’utiliser pratiquement comme un proverbe chinois, tu utilises une parole pour… pour utiliser une expérience de quelque choses d’autre, pour absorber ça et savoir comment l’utiliser, d’une manière différente, sans copier, pour avoir un impact, un contexte (…) c’est très important et je pense que ce phénomène arrive très fréquemment ici à Grajau, les gens arrivent à retranscrire cela très bien (…) quand un type chante une chanson, du rap, il y a toujours un contexte, une vision, ils veulent seulement transmettre un message de l’intérieur vers l’extérieur ou alors cela vient de l’extérieur vers l’intérieur, donc je pense que c’est ça, ils reçoivent quelque chose de l’extérieur et puis ils pensent “cool, j’aime bien ça, et maintenant regarde ce qu’on a à l’intérieur de nous pour toi”, donc c’est comme un échange.

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2458

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2448

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2513

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_3410

Et à propos du contexte, exactement, penses-tu que c’est cela qui fait que quelque chose est unique ?

Je pense que c’est la cohabitation de tout le monde, ici la famille est quelque chose de vraiment très fort, tu sais, c’est précieux dans la vie de chacun, la nouvelle génération ne laisse pas ses parents comme ça, au contraire…

Bien que quelques-uns ne suivent pas ça, mais je pense que le contexte, ces difficultés ou ces joies que toutes les familles rencontrent, que chacun vit, c’est déjà transmettre quelque chose à l’autre, donc je pense que c’est très important, c’est presque comme la littérature du nord du Brésil, c’est un peu comme ça, tu sais, les gens agissent comme “regarde dans ma rue il y a ça”, les gens veulent montrer et dire “ma famille a ça et ça” ou “ma famille n’a pas ça et ça”. Donc cette présence est très importante, tu veux, tu transformes, les jeunes gens veulent montrer un bout de ces changements, de leur évolution, donc je pense que c’est très caractéristique de chaque artiste de ce quartier.

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris

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Interview with Jerry Batista

Jerry Batista painting - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2102 Jerry freehands a character onto the wall, with beading dividing the wall into two tones, for his ZAT residency installation.

Jerry Batista comes from Grajaú in São Paulo’s Zona Sul district and co-runs the A7MA gallery in the city’s Vila Madalena neighbourhood with a group of artists and screen printers whom he has grown up alongside in the city’s graffiti-street art and music scenes. Here is an interview with Jerry made in Grajaú, accompanied by images of a mural he has painted here in Paris’ main mural district, the 13th arrondissement at Nationale Metro station, in front of the first ever mural in Paris made by Shepard Fairey.

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2446

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris Jerry Batista adds the base layer for his mural in Paris’ 13th arrondissement.

interview Jerry Batista in Grajau, Sao Paulo, Brazil, street art graffiti by street art parisThe artist takes us on a tour and explains the local Grajaú street art scene.

I’m thinking about… how did you learn… how do you see the difference between you when you were younger and you painted, and this new generation, is there a change of theme? How do you see this horizon which rises?

So…what is a bit different, it starts with the fact that we had teachers, yes but they were not graffiti teachers really, they were not teachers of this urban art… but we had great teachers, this new generation had the chance to have teachers, to speak a little about the experiences…

What I see different… The Grajaú itself has always been known as a figurative painting place but this new generation, they are still doing figurative painting but a bit more abstract, the language is no more that clear as it was in my time, there are more subliminal things, some messages that are not that clear, I think it’s good this happening cause it shows that if art is the fruit of a period, this new generation can’t paint the same things that I have painted, they are going to paint new things which belong to their time… there are the words that they use a lot…

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris

Is the use of words more common today?

They use more the words yes… singular words have always existed which express sometimes some moments, something, poetry is striking today among this new generation of painters, this thing also more… more vectorial, something which belongs to the modern language, of the internet. I think it’s good too.

And (—) sometimes it’s songs, sometimes it’s existential things, they do quite a lot these things sometimes subliminal, a bit abstract, and others times a bit more… but not that clear but more with some words that give a direction.

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2447Installation by Jerry Batista for artistic residency ZAT in São Paulo organised by Tinho aka Walter Nomura.

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris

Jerry Batista painting - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris cpt Juliana Maria CerquiaroDetail of an oil painting made onto an original Brazilian school desk for Jerry’s ZAT installation in São Paulo.

Jerry Batista oil painting sao paulo artist by street art paris Oil painting onto a rusted school locker panel.

Existential words such as?

They have several friends who do mistakes, losing people, this process of change, so these things affect them too, so they put these essential things, things from the internet. This is what is different, they represent a lot things from the internet but today they do quite a lot of messages, they use quite a lot this way of communication, so I think it’s important too.

How do they use internet?

They use their Instagram, Facebook to reach more people, not only people from the community. So they paint here but they are also preoccupied by the people from the Zona Norte, so it makes it spread more, they try also to have contacts with these people, through this way, so this is really good, they move from here too and go and paint in the centre of the city.

A thing I see which is striking is the latex thing, they use it quite a lot, because they have to, spray is very expensive and latex is a bit cheaper and you can fill big spaces, so most of the people in Grajaú always use latex with spray which is the old method of the graffiti school, exactly for this, because of a necessity, so it’s quite striking here in the city.

Jerry Batista eduardo srur - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris Jerry Batista, and friends, including Brazilian conceptual artist, Eduoardo Srur.

You spoke about horizon but I didn’t understand…

You see the people, how they use… how they use the information they have to transform in…what today is more large. I think the artist’s evolution is linked with this opening, so you keep collecting things and processing it.

How do you see these artists, not only from the new generation, how can they take advantage of this bigger horizon?

I really like this new process, of internet… I think it’s good too the way of oral communication, the pictures, today you post a photo and someone I don’t know in England comments it and give you the possibility to exchange with her, sometimes they don’t speak the same language but they are discussing, so I think it’s really cool like this, to see people who identify themselves, not only Brazilians but from all around the world and this web, these contacts that we are collecting I think it’s really important for the modern world, not to stay stocked in one place.

I think the risk today of being an artist and dying in his neighbourhood, if you use internet, it’s really low… you go with this people who are going to like what you like and who will want follow you, the process of your work, it’s a bit that.

He’s speaking about the possibility today of absorbing this information which is produced (–) but will be reinterpreted here, the techniques, themes, how do you see that?

How do you feel this interpretation, of the local reality, you see works of others artists and everything… it goes through you and you continue your work, how do you see that?

This thing of influences, of the modern world, it makes you also reach others artists and people…

Among our school here, we have always been worried about this fact of copying the others, of seeing… to such an extent that our old school, which is formed by Tinho [Walter Nomura], these people they faced this problem you know, and then stories happened, people were criticising, so people focused on finding their own style you know.

I think these things were important but understand that you’re unique is the secret to develop a good art you know. Once people asked, a woman asked a photographer, “Oh man there are so many photographers today…” the guy began to take photos, everybody was telling him to not continue cause there were so many people already doing it. “What do you think about that,” the guy said, if you have a unique vision, if your point of view is special, everybody will want to see it cause people want to see the individuality, what each person has to offer. So people were worried about this here, to have something special and unique to transmit, but it’s obvious that references, influences are not forgotten too.

But yes to absorb this and use it almost like in a Chinese proverb, you use a saying to… to use an experience for something else you know, so absorbing this and knowing how to use it, in a different way, not copying it, to have an influence, a context, this is very important and I think it happens a lot here in Grajaú, people succeed to translate it very well, when a guy does a song, a rap, there is always the context of a vision, they only want to transmit a message from inside to outside or it comes from outside to inside so I think this is it, they receive something from outside and then they think “cool I liked it and now look at what we have here inside for you to see,” so it’s like an exchange.

Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2458Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2448   Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_2513 Jerry Batista classroom installation ZAT artist residency - street art graffiti sao paulo brazil by street art paris IMG_3410

And about this context exactly, do you think this is what makes each one unique?

I think it’s the cohabitation of everyone, here the family is something very strong you know, it’s really important in everyone’s life, new generation don’t leave their parents like this, on the contrary.

Although, some don’t follow this you know, but I think this context, these difficulties, or this joy, which each family has, which each person has, it’s about transmitting something to the other, so I think this is very important, it’s almost like Brazilian Northeast literature, it’s a bit like this you know, people act like “Look in my street there is this, and this,” so people want to show “my family has this, and this” or “my family don’t have this, and this”. So this presence is very important, to want to transform, the young guy who wants to show a bit of his changes, his evolution, so I think it’s quite characteristic of each artist from this neighbourhood here.

Jerry Batista mural fresque paris mairie 13th arrondissement by street art paris

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Interview avec Mathieu Tremblin

Mathieu Tremblin interview by street art paris dI4KLLTag Clouds “Rue Jules Ferry,” 2012, Arles

Originaire du Mans, Mathieu Tremblin travaille à Strasbourg sur des pièces parfois subtilement satiriques comme manifestement candides. Avec une approche de la ville liée aux textes libertaires des années 60, aux Visual Studies ou encore à la French Theory, Mathieu Tremblin développe avec humour et subtilité une pratique artistique de gestes, d’actions et d’interventions pour un public de passants observateurs. Street Art Paris le rencontre pour échanger sur les relations entre propriété publique, pouvoir de l’art et le contexte urbain.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2015_globalcolorlocalmarket_marseille_mathieutremblin_img_0571Global Color, Local Market, 2015, Marseille

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2010_OUVERT24H24_TOULOUSE_MATHIEUTREMBLIN_1007632 copyOuvert 24H/24 (OPEN 24 HOURS A DAY), 2010 Toulouse

Comment en es-tu venu à intervenir dans la ville ?

Quand je suis arrivé à Rennes pour étudier en 1998, j’ai rencontré un écrivain, Stéphane Bernard, qui est très vite devenu le grand frère que je n’avais jamais eu et nous avons beaucoup partagé à propos de la société dans laquelle nous vivions. Quand je l’ai rencontré, c’était quelqu’un de très sombre parce qu’il avait grandit dans une ville moyenne française dans les années 80, de celle où il n’y a rien à faire quand on est adolescent. Et je me retrouvais en lui, ayant moi-même vécu adolescent  dans une ville moyenne dans les années 90. Il m’a introduit à la Cold Wave, à la No Wave et à la musique industrielle, électronique et expérimentale avec des figures emblématiques comme Alan Vega ou Genesis P-Orridge. Il m’a fait connaître de nombreux auteurs américains comme Bret Easton Ellis, Don DeLillo ou Thomas Pynchon et quelques théoriciens qui ménageaient une critique radicale de la société de consommation et de communication comme, par exemple, Guy Debord et son ouvrage La Société du Spectacle.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2013_VANILLAURBANFURNITURE_DOCUMENTATION_TOULOUSE_MATHIEUTREMBLIN_IMG_6459 copyVanilla Urban Furniture, 2013, Toulouse

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2016_streetartevaluation_documentation_lisboa_mathieutremblin_img_20160514_115029 Street Art Evaluation, “What is commissioned Street Art the name of?”, 2016, Lisbon

L’approche de Debord est singulière en ceci qu’il ne résume pas sa critique à un rapport de classes, comme d’autres philosophes politiques ont pu le faire avant lui, mais il s’attaque à l’économie des relations au monde elle-même qu’il désigne comme le Spectacle. Un filtre – la représentation – qui nous maintient à distance de nous même et des autres, qui nous éloigne de nos expériences et de nos désirs réels et y substitue ceux créés de toutes pièces par la société de consommation auxquels nous ne pouvons avoir accès que par procuration. À partir de cette analyse, il a tenté avec ses comparses des Lettristes puis des Situationnistes dans les années 60 de mettre en œuvre des méthodes qui aillent au-delà de l’art, vers des pratiques comme la dérive ou le détournement qui permettent de vivre intensément, de dépasser le rapport spectaculaire au monde que la société construit. Ces théories et ces concepts opérationnels ont beaucoup influencé mon regard et ma pratique dans la ville, par exemple à travers cette volonté que je partage avec d’autres artistes de produire des formes déjà-là, qui ne sont pas reconnaissables comme de l’art. C’est une manière d’intensifier la vie et de transformer  notre vision du monde, en contribuant à un imaginaire urbain qui dépasse les apparences que produit la société de consommation.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 0-zpesHypertag “Cli,” 2012, Arles

Lorsque j’étais adolescent, je refusais d’adhérer à l’idéal promu par les médias de masse et la société de consommation. Je me sentais agressé et oppressé par le système et j’étais en recherche d’autres grilles de lecture. L’option art que j’avais suivi au lycée m’a apporté des embryons de réponse avec une introduction aux avant-gardes artistiques du vingtième siècle comme Dada ou Fluxus pour qui il s’agissait que l’art rende la vie plus intéressante que l’art même. En 1996, j’ai arrêté de regarder la télé avec la découverte d’Internet. Mon père avait installé un modem à la maison en utilisant la connexion de l’université où il travaillait. J’ai découvert un réseau horizontal, avec des sites Internet HTML fait maison et des discussions avec des inconnus vivant en Europe sur IRC ; j’ai eu accès à une connaissance du monde sans le filtre des médias de masse et cela a transformé définitivement mon regard sur les rapports entre l’art, la culture et la société par la même occasion.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2013_DROITDEGLANAGE_DOCUMENTATION_ARLES_MATHIEUTREMBLIN_IMG_7719 copyMathieu Tremblin interview by street art paris 2013_DROITDEGLANAGE_DOCUMENTATION_ARLES_MATHIEUTREMBLIN_IMG_7728 copyDroit de Glanage, 2013, Arles

Puis j’ai rencontré TETAR, JIEM et  MOOTON, qui faisaient du graffiti ensemble et qui étaient dans ma promotion. J’ai fait de l’exploration urbaine avec eux – le patrimoine industriel en ruine me fascinait – et à un moment j’ai vu le plaisir qu’ils éprouvaient en faisant du graffiti et je m’y suis mis. Cela correspondait à un cheminement parallèle avec mes lectures et notamment La Théorie de la Dérive des Situationnistes. Le livre discute l’idée de ne pas sortir de sa routine quotidienne et de trouver un moyen de rendre votre vie plus aventureuse en travaillant. Le graffiti et en particulier le tag m’a semblé un moyen de vivre une expérience aventureuse dans la ville ; faire du graffiti conduit à rechercher des espaces à peindre, donc à découvrir de nouveaux endroits et envisager l’environnement urbain de manière ludique en ce qui concerne l’architecture. En changeant d’échelle de pratique, en appréhendant les matériaux à fleur de surface avec vos outils, vous acquérez de manière manière pragmatique et expérimentale une perception inouïe de comment fonctionne la ville.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2011_FRUITSSKEWER_DOCUMENTATION_NIJMEGEN_MATHIEUTREMBLIN_DSC_3049 copy

Fruits Skewer, 2011, Nijmegen

Quand JIEM est rentré de Berlin en 2003, les graffitis qu’il y avait vu et photographié avaient modifié complètement sa lecture du paysage urbain ; désormais, il fallait peindre à l’échelle des façades que les writers berlinois investissaient avec des pots d’acrylique, rouleaux et perches télescopiques. Nous avons investis les murs géants des friches et terrains vagues rennais avec des rouleaux et avons commencé à changer de blazes tout le temps, jusqu’à ne plus faire de name writing du tout et écrire juste des mots, des slogans. Nous étions en contact avec toutes les industries d’usines underground, terrains vagues dans la ville. En 2006, pendant quelques mois nous avons agi sous le pseudonyme des Poetic Roller et nous avons peints une poignée de phrases poétiques la nuit en dialogue avec l’atmosphère qui habitait les lieux. Puis avec David Renault, nous avons fondé le duo Les Frères Ripoulain et pendant deux ans nous avons peints des slogans dans la même lignée, à échelle du corps et de jour au culot, habillés en peintre en bâtiment – sans demander d’autorisation. Nous avons constaté qu’il était plus facile d’intervenir sans autorisation tout en légitimant notre démarche dans le dialogue avec les passants que de le faire de nuit où en définitive, suspects par défaut, les seuls échanges que nous pouvions avoir étaient ceux avec la police ou les services de sécurité privés qui étaient justement engagés pour faire en sorte que rien ne se passe dans les lieux qu’ils surveillaient. Puis quand nous avons eu fait le tour des lieux à propos desquels nous voulions révéler par l’apposition de ces fresques typographiques une histoire souterraine, nous avons encore une fois changé de medium et de méthode choisissant d’adopter à partir de là des formes existantes en fonction de la situation urbaine avec laquelle nous voulions interagir, de l’influence que nous voulions produire sur l’imaginaire urbain.

Comment se développent tes interventions ?

Je fais en sorte que ma pratique soit prétexte à vivre une expérience inédite et inversement que chaque expérience vécue ou observée dans la ville puisse donner lieu à un geste.  J’observe le rythme de la ville, la façon dont les individus et les signes interagissent et produisent en creux des formes dans un jeu d’apparition et de disparition. Ces formes sont en rapport à ce qui est présent ou ce qui se passe dans la rue. Parfois, elles font aussi référence à l’histoire de l’art. Lorsque je travaille de manière indépendante, ce geste se résume à un exercice de liberté, un signe qui trouve une existence par et pour lui-même ; lorsque je suis commissionné, je veille à ce que mon intervention soit à même d’attirer l’attention des passants auxquels elle s’adresse. Je travaille néanmoins la plupart du temps sans autorisation mais je ne cherche pas pour autant la défiance… ou la légalité. J’essaie d’agir avec le maximum d’horizontalité et de transparence afin de dissoudre le pouvoir y compris celui de l’auteur sur le devenir de son propre geste. En effet, si je m’inspire, par exemple, des graffitis anonymes présents dans la ville et que je les considère ainsi comme des formes dignes d’intérêt, qui serais-je pour prétendre que mon geste pictural sur un mur sera plus important ou plus pertinent que celui d’un citoyen qui l’aurait fait sans perspective artistique ? Il s’agit de ménager un équilibre entre tes désirs personnels, l’expression de tes concitoyens en regard de la gouvernance publique/privée de la ville.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2016_liberteegalitesoldes_documentation_strasbourg_mathieutremblin_img_1832 Liberté Égalité Soldes, 2016, Strasbourg

Peux-tu nous parler de ton rapport à la propriété publique/privée en regard de l’art dans la ville ?

Depuis deux décennies, les gouvernements français successifs sabordent les services publics et peu à peu les municipalités laissent à des sociétés privées la gestion opérationnelle de la ville. La conséquence logique de cet état de fait est que la gouvernance de la ville a mutée d’un horizon qui était l’intérêt commun et collectif vers celui de la rentabilité. Et malheureusement, on ne peut pas reprocher à des sociétés privées de se comporter de manière propriétaire. Les transports en commun deviennent hors de prix, des portions de rues entières sont gérées comme des galeries marchandes à ciel ouvert, des services de sécurité privés se voient octroyer un pouvoir que seule la police détenait auparavant… Le citoyen est de plus en plus considéré et réduit à un consommateur au sens où il devient difficile de pratiquer la ville de manière financièrement désintéressée. Les places publiques – réminiscences supposées de la figure de l’agora en démocratie – sont minéralisées et les rares mobiliers urbains sont implantés de telle sorte qu’il soit sinon inconfortable, impossible d’occuper la place publique. Cela créé des situations paradoxales comme, par exemple, la SNCF qui ouvre des espaces en riche dont elle est propriétaire et fais un appel d’offre sans budget pour que les artistes s’en emparent, alors que cette société veille à ce que ceux qui le font déjà sans permission et à leur frais depuis des années (organisateurs de free parties et graffeurs entre autres) ne puissent plus les pratiquer.  Alors qu’Internet a permis l’émergence pour les citoyens de formidables initiatives collaboratives, horizontales, ouverts au partage libre en ligne, les technocrates au pouvoir, vassaux de lobbies propriétaires, s’échinent à ce que le terrain commun in vivo, la ville, devienne un espace de contrôle et de coercition.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2011_ATRAPFORKINGS_ARLES_MATHIEUTREMBLIN_1101203 copyA Trap for Kings, 2011, Arles

La propriété privée est devenue la pierre angulaire de notre société et elle aliène les désirs et les rapports humains. La relation de partage qui me semble aujourd’hui se rapprocher le plus d’une alternative est celle de la relation à une œuvre d’art. Son propre est que l’œuvre ne s’épuise pas après avoir été consommée culturellement. Ce qui d’une manière la fait échapper à l’obsolescence programmée, condition essentielle de l’économie capitaliste. Je ne parle pas de l’œuvre d’art en tant qu’objet mais en tant qu’œuvre d’esprit : au contraire, les œuvres d’art recèlent en elles-même des sensations et des idées – qui appartiennent à tout le monde – et un pouvoir de transformation de l’imaginaire – dont tout un chacun peut faire l’expérience – et qui ne peuvent pas être réduits ou asservis par la propriété individuelle. L’intérêt que revêt de mon point de vue l’intervention urbaine tient à ce caractère sinon d’immatérialité, de temporalité. La destruction prévisible à un horizon proche – puisque dépendant des aléas, de la bien/malveillance des passants, de la rigueur des services de la voirie ou encore des plans de renouvellement urbain – lui confère une forme d’intensité. Ce qui devient rare, ce n’est plus un artefact comme c’était le cas avec les œuvres d’art à la période moderne mais l’expérience d’une situation.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2012_TRACTS_PARIS_MATHIEUTREMBLIN_IMG_8137 copyTracts, 2012, Paris

Quel est le pouvoir de l’art selon toi ?

Un des principes émancipatoires de l’art pourrait être décrit comme un cheminement initiatique qui tend toujours à mettre en crise nos zones de confort. Enfant, j’étais intéressé par Picasso pour son rapport de déconstruction des règles de la représentation, de la perspective ou de l’anatomie. Adolescent, j’ai délaissé Picasso pour les univers hallucinatoires de Dali inspiré par les rêves et portés par la pensée surréaliste. Puis adulte, je me suis détaché de la peinture moderne pour aller vers des démarches plus conceptuelles et expérimentales ; je n’ai conservé que Magritte dont les compositions graphique en collage de temporalité ou de point de vue sont plus proche d’une poétique quotidienne et m’inspirent encore. Une découverte amène un geste, qui amène une remise en cause des certitudes qui ont motivées ce geste. De l’art, c’est le pouvoir de transformation qui importe. Découvrir une œuvre, c’est ployer son esprit et se projeter dans la perception d’un autre, afin d’expérimenter une sensibilité nouvelle – en ceci qu’elle est altérité – avec un horizon à atteindre : aller au-delà de la définition de l’art pour retourner à la vie, pour être intensément présent au monde.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2014_PARKINGTICKETBOUQUET_MONTPELLIER_MATHIEUTREMBLIN_IMG_5248 copy

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2014_PARKINGTICKETBOUQUET_MONTPELLIER_MATHIEUTREMBLIN_IMG_7858 copyParking Tickets Bouquet, 2014, Montpellier

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Interview: May 2015.

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Interview with Mathieu Tremblin

Mathieu Tremblin interview by street art paris dI4KLLTag Clouds “Rue Jules Ferry,” 2012, Arles

Originally from Le Mans, Mathieu Tremblin works in Strasbourg on multi-dimensional pieces that are sometimes subtly satirical and other times blatantly candid. With an approach to the city linked to sixties libertarian texts, Visual Studies, and French Theory, Mathieu Tremblin develops humorous and subtle artistic gestures, actions and interventions for an audience of passersby. In this interview Mathieu discusses the relationship between public ownership, the power of art and the urban context.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2015_globalcolorlocalmarket_marseille_mathieutremblin_img_0571Global Color, Local Market, 2015, Marseille

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2010_OUVERT24H24_TOULOUSE_MATHIEUTREMBLIN_1007632 copyOuvert 24H/24 (OPEN 24 HOURS A DAY), 2010, Toulouse

How did you begin making urban interventions?

When I arrived in Rennes to study in 1998, I met a poet, Stéphane Bernard, who soon became the big brother I never had, and we shared a lot of thoughts on the society that we lived in. At that time, he was a very dark person because of having grown up in an average French city during the 80s, the type of city where there is nothing to do when you’re a teenager. I found myself in him, having myself lived in a small town as a teenager in the 90s. He introduced me to the Cold Wave, No Wave and industrial, electronic and experimental music with iconic figures like Alan Vega and Genesis P-Orridge. He introduced me to a number of American authors, such as, Bret Easton Ellis, Don DeLillo and Thomas Pynchon, as well as different theorists who had spared a radical critique of consumer and communication society, such as Guy Debord and his book, The Society of Spectacle.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2013_VANILLAURBANFURNITURE_DOCUMENTATION_TOULOUSE_MATHIEUTREMBLIN_IMG_6459 copyVanilla Urban Furniture, 2013, Toulouse

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2016_streetartevaluation_documentation_lisboa_mathieutremblin_img_20160514_115029 Street Art Evaluation, “What is commissioned Street Art the name of?”, 2016, Lisbon

Debord’s approach is unique in that it does not summarize his criticism to a fight between classes, like other political philosophers have been doing before him, but he tackles economic relationships in the world it – what he calls Spectacle. Spectacle is a filter – representation – that keeps us away from ourselves and from others, that is taking us away from our experiences and our real desires and replacing those by the ones created by the consumer society that we can not access by proxy. From this analysis, he tried with his colleagues of the Lettrists then the Situationists in the sixties to implement methods that go beyond art, towards practices such as dérive or détournement that can permit you to live intensely and overcome the false relationship to the world that the society is building. These theories and operational concepts have greatly influenced my look at and my practice in the city, for example through the will that I share with other artists to produce forms that are already there, which are not recognizable as art . It’s a way to increase the life and transform our world, contributing to an urban imaginary that goes beyond appearances produced by consumer society.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 0-zpesHypertag “Cli,” 2012, Arles

When I was a teenager, I refused to join the ideal promoted by the mass media and the consumer society. I felt agressed and oppressed by the system and I was looking for other reading grids. The art class I was following in high school gave me some answers with an introduction to the artistic avant-gardes of the twentieth century as Dada and Fluxus to whom art was making life more interesting than art itself. In 1996, I stopped watching TV with the discovery of the Internet. My father had installed a modem at home using the connection of the university where he worked. I discovered a horizontal network with HTML homemade websites and discussions with strangers living in Europe on IRC; I had access to a knowledge of the world without the filter of the mass media and it definitely changed my view on the relationship between art, culture and society at the same time.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2013_DROITDEGLANAGE_DOCUMENTATION_ARLES_MATHIEUTREMBLIN_IMG_7719 copyMathieu Tremblin interview by street art paris 2013_DROITDEGLANAGE_DOCUMENTATION_ARLES_MATHIEUTREMBLIN_IMG_7728 copyDroit de Glanage, 2013, Arles

Then I met TETAR, JIEM and MOOTON, who were doing graffiti and who were in my class. I did urban exploration with them – the industrial heritage in ruins fascinated me – and at one point I saw the pleasure they felt in doing graffiti and I got into it. This corresponded to a parallel path with my readings including La théorie de la dérive by the Situationists. The text discusses the idea of going out of your daily routine and find a way to make your life adventurous. Writing graffiti and especially tagging seemed a way to live an adventurous experience in the city; doing graffiti brings you to search spots to paint, so to discover new places and explore urban environment in a playful way regarding its architecture. By changing scale of practice and apprehending the material of various surfaces with your tools, you are gaining pragmatic and experimental unexpected perception of how the city works.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2011_FRUITSSKEWER_DOCUMENTATION_NIJMEGEN_MATHIEUTREMBLIN_DSC_3049 copy

Fruits Skewer, 2011, Nijmegen

When JIEM came back from Berlin in 2003, graffiti he had seen and photographed completely changed his reading of the urban landscape; now he had to focus on the walls that Berlin writers were investing with acrylic jars, rollers and telescopic poles. So we started to invest the giant walls of wasteland and abandoned factories in Rennes with rolls, changing of name all the time, until no longer we weren’t doing name writing at all and just write words and slogans. In 2006, we acted under the pseudonym of Poetic Roller during a few months and painted a couple of poetic phrases by night in dialogue with the atmosphere of the places. Then David Renault and I  founded the duo Les Frères Ripoulain and we painted slogans at a body scale during the day for two years dressed as house painters – without asking permission. We realized it was easier to intervene without authorization while legitimizing our approach in the dialogue with passerby, than doing it by night where our activities would ultimately looked suspicious, and the only exchange that we could get would be with the police or private security services that were just committed to ensure that nothing happens in the places they were responsible of. Then after we had painted the places on which we wanted to spread typographic frescoes about underground history, we changed once again of medium and method and since then adopted existing forms according to the urban situation we wanted to interact with, or depending of the influence we wanted to produce on the urban imaginary.

How do you develop your interventions?

I make sure that my practice is a pretext to live a new experience and conversely that every experience or observation in the city could lead to a gesture. I watch the rhythm of the city, the way people and signs interact and produce a kind of aesthetics in a cycle of appearance and disappearance. These forms are related to what is present and what is happening in the street. Sometimes they also refer to the history of art. When I work independently, this gesture correspond to an exercise of freedom, a sign that has an existence by and for itself; when I’m commissioned, I ensure that my intervention is likely to attract the attention of passersby whom it is addressed. But I work mostly without permission even if I am not looking for provocation… or legality. I try to act with maximum transparency and horizontality to dissolve the authority including the one of the author regarding his own gesture. While I’m inspired by anonymous graffiti found in the city that I consider as forms of interest, who would I be to claim that my act of painting on a wall will be greater or more relevant than the one that a citizen would have done without artistic intent? This is a balance between your personal wishes, the expression of your fellow citizens facing public and private governance of the city.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2016_liberteegalitesoldes_documentation_strasbourg_mathieutremblin_img_1832 Liberté Égalité Soldes, 2016, Strasbourg

Can you tell us about your relation to public/private ownership regarding the fact of doing art in the city?

For two decades now, successive French governments scuttled utilities and gradually municipalities allowed private companies the operational management of the city. The logical consequence of this fact is that the governance of the city has mutated from a horizon that was the common interest, to the profitability. And unfortunately, we cannot blame private companies to manage things in an ownership oriented way. Public transport became overpriced, whole portions of streets are managed as shopping malls, private security services are granted a power that only the police had previously… The citizen is increasingly considered and reduced to a consumer in the sense that it becomes difficult to practice the city in a financially disinterested manner. Public places – supposedly reminiscent of the figure of the agora in democracy – are mineralized and the rare street furniture are conceived so that it is uncomfortable, even impossible to occupy the public square. This creates paradoxical situations, such as the SNCF (French railway company which is now mostly private), which opens spaces which it owns and do an open-call without any budget for motivated artists, while the same company ensures that those who already invest those places without permission for years (free parties organizers and graffiti among others) can no longer practice it. While the Internet has allowed for the emergence citizens tremendous collaborative initiatives, horizontal and open to free sharing online, technocrats currently governing are vassals of corporate lobbies and tend to turn the city, our common living ground, into an area of ​​control and surveillance.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2011_ATRAPFORKINGS_ARLES_MATHIEUTREMBLIN_1101203 copyA Trap for Kings, 2011, Arles

Private ownership has become the cornerstone of our society and it alienates all desires and human relationships. The sharing relationship that seems to me  as close as an alternative type of relationship is the one you could develop with a work of art. His own is that the work cannot be exhausted after being consumed culturally. In a way, it’s escaping to planned obsolescence which is the essential condition for the capitalist economy to be wealthy. I’m not talking about the work of art as an object but as concept: on the contrary, works of art contain in themselves sensations and ideas – that belong to everybody – and a  power of transformation of imaginary – which everyone can experience – and that can not be reduced or enslaved by individual property. The interest is of my point of view the urban intervention holds that character otherwise immateriality, temporality. The destruction predictable near horizon – as dependent on the vagaries of the good / malicious passersby, of the rigor of cleaning service or of the urban renewal plans – gives it a form of intensity. What is rare is not the work as an artifact (as it was the case with the works of art in the modern period) but the fact of being able to experience a situation.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2012_TRACTS_PARIS_MATHIEUTREMBLIN_IMG_8137 copyTracts, 2012, Paris

What is the power of art to you?

An emancipatory principles of art could be described as an initiatory journey that always tends to put our comfort zones in crisis. Child, I was interested by Picasso for his deconstruction of the rules of representation, perspective or anatomy. Teenager, I went away from Picasso to focus on the hallucinatory world of Dali inspired by dreams and carried by the surrealist thought. Then adult, I detached myself from modern painting to go towards more conceptual and experimental approaches; I have kept Magritte’s univers whose graphic compositions by bonding or temporality of perspective are closer to an everyday poetic and is still inspiring me. A discovery of a field of art brings a gesture that brings you to question the certainties that have motivated that gesture. It’s the transformative power of art that matters. Discovering a work forces you to bend your mind and project yourself into the perception of someone else, in order to experience a new sensibility – in a way that it is otherness – with a horizon to achieve: to go beyond the definition art in order to return to life and to be intensely present to the world.

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2014_PARKINGTICKETBOUQUET_MONTPELLIER_MATHIEUTREMBLIN_IMG_5248 copy

Mathieu Tremblin interview by street art paris 2014_PARKINGTICKETBOUQUET_MONTPELLIER_MATHIEUTREMBLIN_IMG_7858 copyParking Tickets Bouquet, 2014, Montpellier

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Interview: May 2015.

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Interview with Dede & Nitzan Mintz

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2830

Translations of Nitzan Mintz’ work:

Hebrew (original):

יום הולדת לפצע

נעשה לו מסיבה

בלונים נקשור לפצע

נאחל לו שיגדל

קרבנות נקריב לפצע

יתגדל ויתקדש.

English: 

A birthday for the wound

We will hold a celebration

Tie balloons for the wound

Wish for him to grow

Sacrifices will be brought forth

May he rise and become holy

Dede and Nitzin Mintz Hopital Saint Louis IMG_2853Dede and Nitzan Mintz make work on the walls of Saint-Louis Hospital, opposite the Petit Cambodge resturant and Le Carillon bar, the site of one of the 13 November attacks that happened last year.

Street poet Nitzan Mintz and street artist, Dede, both from Tel-Aviv, have painted work in front of the Petit Cambodge restaurant and Le Carillon bar, two sites synonymous with the 13 November terror attacks which took place last year. Both artists explain the intervention here, with a healthy dose of humour at the start, becoming more solemn later into the interview.

What brought you to Paris?

Nitzan: One of the aims has been to sniff around to try to find an art residency, here. We want to join a program here that will drive us to create, like a workshop, like a residency. We’re looking for new places, we feel like we haven’t been to Paris enough. Or, at all.

What did you hear about Paris?

A lot of beautiful things. All people love Paris. They adore.

What did you hear about Paris?

Well, that’s it’s one of the capitals of art, and that it’s a cultural place…

Come on!

What? What are you looking for?!

Behind the words.

Ok, about the food!

We heard it’s very romantic.

No! No, no, no, no, no, no, no!

Ok, so about the food.

Yeah food is…

You heard that Paris is where the money is?

No, no – that’s New York. When I think about Paris I don’t think about money. Paris is, I don’t know she’s gorgeous. She’s like, when you walk in the streets of Paris you, you’re really inspired, just because you looked at a building.

She’s gorgeous like a blonde?

No, no, no, no, no, she’s not gorgeous like a blonde. She’s gorgeous like an old lady, like a hipster old lady, you know the rich old ladies, ones who wear fancy fancy designs, like, really wild, high platforms and tons of make up, eighty years old, with sun glasses, big ones, but old. She’s super fancy and she walks in the streets very proud with a poodle.

You came for that?

Yeah, sure.

Dede: You know we haven’t been a lot to Paris so yeah for the first time, for second time, yeah, we came for that.

Nitzan: And now, since we are here, we want to come back, for an art program or something and to stay for one month or two months, and that’s it.

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2738Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2792 copy

What brought you to paint that wall?

Nitzan: We came to Streetartparis.fr, at the office, to ask for help because we are not locals, we don’t know the rules, we know nothing about creating here. Those people took us on a tour…

Dede: First they helped us search on the computer…

Nitzan: Yes, with Google Street View. And then, we found an ok wall, like a wall that can…

Dede: It was beige.

Nitzan: Yes, it was beige. A beige wall.

A lot of beige walls.

Nitzan: And, it wasn’t what we wanted, but that’s what we had, so we said ok let’s go for it, and I was a bit depressed because I said shit, it’s not my thing, beige, and, I like to do things that are more site-specific.

Dede: “This spot is not special enough… ”

Nitzan: And, I don’t know anything about this wall.

Dede: “It’s not falling apart, it’s not something that fits… ”

Nitzan: Yeah, it’s not something to fit, exactly. And we said ok, so we will do it in order to have something in Paris, to say that we have something in Paris. Something to be proud of back in our home-town of Tel-Aviv.

Dede: So, people will believe us.

Nitzan: Yes, believe us, and to worship us for doing it. And then we went, and we were walking, and then, suddenly, the Demian, he stopped for some reason, I don’t know and he said, this is the café that was attacked in the terror attacks six months ago. And then, I don’t know, we looked at the wall and I thought, the wall is very very ugly, because it’s not my type of wall. I like walls that are older, and falling apart, or with natural frames that the streets can provide. And I like to know the history. And then he told us the details of the hospital, and the terror attacks that happened here, and, wow, it was like, wow, ok, this wall is not exactly my type, and Dede’s also, but what a story this wall has. This wall was witness to the whole thing, which is very important to all. So, I said, ok maybe my art won’t look very good on it, because it’s not my regular style, but, wow, we will have a story, and then I took all my poems from my bag, and I started looking, and I didn’t even look, I just popped it out and then I said this one, this poem belongs to this wall. And I asked for people’s opinion, and Demian said “but, you’re going to do it in English?” And I said, what can I do? I don’t have a translation. And then, two girls that were with us, their names are Cécile and Léa, wonderful Léa and Cécile, they translated it. We went for a coffee, and we were sitting, and it was like happening. It was like three angels came to me. It was a miracle for me. I was standing outside of the scene and I was like, wow, I didn’t do anything for it to happen. Everything was like, connected, like boom, boom – it happened so fast and suddenly, I had a french translation to my poem, and I was able to communicate with the people who live in the space, in the area, which is amazing, because I didn’t prepare it so it was like a miracle. And everything was super, super, like a miracle, like it was supposed to happen. This is how I felt.

God came down from the sky?

Yeah, something like that. Like angels.

It’s the power of street art?

Nitzan: No, it’s the site-specific angels that came and saved me. The site-specific angels came because they know! They know that it’s important to me to create site-specific walls with my poetry. They know it, and instead of making it really boring like a wall, with text, it doesn’t have any connections, they brought me, boom. I think the most interesting location ever, and by accident I had this poem and that exactly fits into the location, exactly, it’s like I wrote it for the location – but basically I wrote it about Israel – and everything happened like that, which is very, very, very scary and beautiful.

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2820

Dede, why a bandaid?

I paint a bandaid to heal, it’s a kind of a trademark for me. I have been painting the bandaid for almost 10 years now. It developed from different places and has different meanings. People can relate to it in different ways and for me it keeps changing as I continue to investigate meanings, and compositions.

Actually, I wanted to paint a bandaid because I know I can do it quickly and today we don’t have much time, but then when we to this specific location and it made sense. It fits the place and the area then all of the associations I had here – suddenly it just felt right to actually paint this specific piece. It can stay as a tag in different places but here it meant something more important for me. Something that I can relate to and something that I think the people in the area can relate to in different places. And I think it fits with the text. But we didn’t do it before like this, like assemble text with this, with the image. I think it fits well.

Nitzan: Yes, very well.

Dede: I hope people will like it.

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2808Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2841

What was going through you in terms of a connection between what happened there, what happened in this area, and what’s happened many many times in Israel? Not exactly the same but… random acts of terror against non-military targets. How were you relating that to your own experiences?

There is a connection. I feel like in Paris it’s like such a new situation. That you can feel it in the air, you can see the people, the way the woman who came up to me while I was working and read the poem, how she reacted, she was crying. In Tel-Aviv, I don’t think it would happen because if I would put the same poem in Tel-Aviv, no one will ever connect it with terror. Or they will, politics will, but not to specific cases because those terror attacks happen all the time. We are like inside – it’s like mainstream.

Dede: Yes, people are growing with this condition. It is with us all the time. Here, when you put it in such a specific area…

Nitzan: You know it’s unique. Because this area is unique. It’s like you were born with migraines, so you will deal with that through all your life, but for a person who just had her first time with a migraine, he can throw-up, he won’t go to work, he won’t do anything, he’ll be paralysed. So, for us, it’s like growing with the migraine all our lives. So it hurts very much, but we know how to work with it, and we know how to eat with it, to go to see friends with it, until it happens really to you, to one of the members of your family, or your friends, and then it’s like a new migraine. Because, if it happens to someone in Israel you’re very sad and you’re shocked, but when it happens to you, it’s another story and luckily I don’t have that kind of experience in my family or with my friends.

Dede: There was an attack also at a bar in Tel-Aviv on Dizengoff Street, that was the last attack when the terrorist came and just shot everyone at this junction.

A Palestinian?

Dede: Yeah.

Nitzan: A Palestinian man with a gun.

Dede: It wasn’t related to ISIS, there was no connotation, but in his ideas he was influenced by tapes and movies. He started shooting in the middle of the street, like, a really busy street and in this pub, in the middle of the day, he shot and killed one of the owners of the pub. And then this pub got shut down for a week. Then they started to fix the pub, and to try and continue. And recently, they asked me to come and paint inside and also when I came I talk with the owners and people in the pub, and I came to the conclusion to paint the bandaid, and we actually did it like two weeks ago. Two bandaids on both walls and also in the memory of the owner who dies.

Nitzan: So, there is this connection between the two places.

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2822

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Nitzan Mintz can be found online, here and here.

Dede can be found online here and here.

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Interview avec Dede et Nitzan Mintz

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2830

Ce poème est la traduction française du travail de Nitzan Mintz dont voici la version originale en hébreux, et la version anglaise.

Hébreu (original) :

יום הולדת לפצע

נעשה לו מסיבה

בלונים נקשור לפצע

נאחל לו שיגדל

קרבנות נקריב לפצע

יתגדל ויתקדש.

Anglais :

A birthday for the wound

We will hold a celebration

Tie balloons for the wound

Wish for him to grow

Sacrifices will be brought forth

May he rise and become holy

Dede and Nitzin Mintz Hopital Saint Louis IMG_2853Dede et Nitzan Mintz ont peint les murs de l’hôpital Saint-Louis faisant face au Petit Cambodge et au Carillon, cibles des terribles attaques terroristes ayant eu lieu le 13 novembre dernier

Le street artiste Dede et la street poète Nitzan Mintz, tous deux originaires de Tel-Aviv, ont réalisé une œuvre en face du Petit Cambodge et du Carillon, deux sites emblématiques des attaques terroristes survenues le 13 novembre dernier. Ils décrivent et expliquent ici le déroulé de leur intervention en faisant preuve d’un humour frais au début de cette interview, et adoptant un ton plus solennel au fur et à mesure de celle-ci.

Qu’est-ce qui vous a amené à Paris ?

L’un de nos objectifs était de nous renseigner sur la ville de Paris et de trouver une résidence artistique ici. Nous aimerions trouver un programme qui nous permettrait de créer et qui nous donnerait envie de créer, comme un workshop ou une résidence. On est à la recherche de nouveaux endroits et nous avions la sensation de ne pas assez être allé à Paris, voire de ne pas y être allé du tout.

Qu’est ce que vous avez entendu à propos de Paris ? 

On a entendu beaucoup de jolies choses, les gens aiment Paris, ils adorent Paris.

Et donc, qu’est ce que vous avez entendu à propos de Paris ?

Et bien… Que c’est l’une des capitales artistiques et que c’est un lieu très culturel…

Allez !

Quoi ? Qu’est-ce que je suis censée répondre ?

Au delà des mots, qu’est-ce que vous avez entendu ? 

Ok, donc à propos de la nourriture…

« On nous a dit que c’était très romantique ! »

Non ! Non, non, non, non, non.

Ok, alors parlons de la nourriture !

La nourriture est…

On vous a dit qu’il y avait de l’argent à se faire à Paris ?

Non, non… Ça c’est à New-york ! Quand je pense à Paris, je ne pense pas à l’argent. Paris c’est… Je ne sais pas, c’est une ville magnifique ! C’est comme si, dès que vous marchiez dans les rues de Paris vous étiez inspiré, rien qu’en regardant les bâtiments.

Paris est magnifique comme une jeune femme blonde ?

Non, non, non, non, non, pas comme une jeune femme blonde. Magnifique comme une vieille femme. Une vieille femme un peu hipster tu sais, comme les vieilles qui sont riches, celles qui portent des tenues haute couture hyper chics, vraiment sauvages, qui portent des chaussures à plateformes très hautes et des tonnes de maquillage, vers les 80 ans avec des énormes lunettes de soleil, mais anciennes. Une vieille femme super chic qui marche fièrement dans la rue avec son caniche.

Et vous êtes venus pour ça ?

Oui bien sur !

Dede : Tu sais, on n’est pas venus tant de fois à Paris donc oui, pour la première fois, pour la seconde… On est venus pour ça !

Nitzan : Et maintenant qu’on est là, on a envie de revenir pour suivre un programme artistique ou quelque chose comme ça qui nous permettrait de rester un mois ou deux ici.

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2738Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2792 copy

Qu’est-ce qui vous a amené à peindre ce mur ?

Nitzan : On s’est rendu au bureau de Streetartparis.fr parce qu’on avait besoin d’aide parce qu’on n’était pas au courant des règles. On ne savait pas comment créer ici, ni où, alors ces personnes nous ont emmenés faire une visite…

Dede : Enfin d’abord ils nous ont aidés à faire des recherches sur ordinateur…

Nitzan : Oui, avec Google Street View. Et on a fini par trouver un mur qui nous semblait pas mal, un mur qui pourrait être…

Dede : Il était beige.

Nitzan : Oui il était beige. C’était un mur beige.

Oui, il y a beaucoup de murs beiges…

Nitzan : Et ce n’était pas ce qu’on voulait, mais c’était ce qu’on avait, alors on s’est dit « Ok allons-y ! » et j’étais un peu déprimée parce que je me suis dis merde, c’est pas mon truc le beige et j’aime faire des choses sur des lieux plus symboliques.

Dede :« Cet endroit n’était pas assez spécial… »

Nitzan : Et je ne connaissais rien à propos de ce mur.

Dede :« Il ne tombe pas en ruine, ça ne va pas fonctionner… »

Nitzan, Oui exactement, ça ne va pas fonctionner. Mais on a dit ok histoire d’avoir quelque chose dans Paris, quelque chose dont on pourrait être fiers à notre retour chez nous, à Tel-Aviv.

Dede : Comme ça les gens nous croiraient.

Nitsan : Oui ils nous croiraient et nous adoreraient pour avoir fait quelque chose là-bas. Et donc on est partis, on était en train de marcher quand tout à coup, Demian s’est arrêté, je ne sais pas pourquoi, et il a dit : « c’est le café qui a été attaqué durant les attaques terroristes il y a six mois. » Et là je ne sais pas, on a regardé le mur et je me suis dit que le mur était très très laid, parce que ce n’était vraiment pas mon genre de mur. J’aime les vieux murs qui tombent en ruine, ou ceux avec un décor naturel fourni par la rue ou le quartier, et j’aime connaître son histoire. Et là Demian nous a donné les détails à propos de l’hôpital et de l’attaque terroriste qui avait eu lieu ici et waouh… C’était comme… Waouh, ok, ce mur n’est pas vraiment mon genre, ni celui de Dede, mais il a une histoire incroyable. Ce mur avait été témoin de tout le truc, ça le rendait vraiment important pour tous. Alors je me suis dit ok, mon travail ne rendra peut-être pas super bien sur ce mur, parce que ce n’est pas mon style habituel, mais waouh, on a quelque chose à raconter, du coup j’ai sorti tous mes poèmes de mon sac et j’ai commencé à chercher, sans vraiment regarder, je l’ai juste tiré de mon sac et j’ai dit : « Celui-la, ce poème appartient à ce mur. ». J’ai demandé l’avis des personnes qui étaient là et Demian m’a dit : « Mais tu comptes l’écrire en anglais ? » et j’ai répondu : « Qu’est ce que je peux y faire ? Je n’ai pas de traduction ». Et là, deux filles qui étaient avec nous – elles s’appellent Cécile et Léa, les formidables Léa et Cécile. – elles l’ont traduit. On est allés prendre un café, on était assis et c’était juste en train de se produire. C’était comme si trois anges étaient venus à moi. C’était un miracle pour moi, je regardais la scène de l’extérieur et je me disais waouh… Je n’ai absolument rien fait pour ça. Tout était comme connecté, boum, boum, c’était tellement soudain et ça s’est passé tellement vite, j’avais une traduction française de mon poème et je pouvais communiquer avec les gens qui vivent ici, dans le quartier, et c’était incroyable parce que je n’avais rien préparé, c’était comme un miracle. Et tout était vraiment super, comme dans un miracle, comme si c’était supposé arriver. C’est comme ça que je l’ai vécu.

Dieu est descendu du ciel ?

Oui, quelque chose comme ça. Comme des anges.

Est-ce que c’est ça le pouvoir du street art ?

Nitzan : Non, ce sont les anges des lieux chargés d’histoire qui sont venus et qui m’ont sauvée. Ces anges sont descendus parce qu’ils savent ! Ils savent que c’est important pour moi de créer des lieux chargés d’histoire grâce à ma poésie. Ils le savent, et au lieu de rendre ça totalement ennuyeux comme un mur avec du texte, sans aucune connexion, ils m’ont apporté ça, boum. Je pense que c’était le lieu le plus intéressant que je n’ai jamais rencontré et comme par hasard, j’avais ce poème qui fonctionnait parfaitement avec l’histoire de ce lieu, vraiment parfaitement comme si je l’avais écrit pour ce lieu – en fait je l’ai écrit à propos d’Israël – mais tout est arrivé comme ça, ce qui est a la fois vraiment effrayant mais aussi très beau.Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2820

Dede, pourquoi un pansement?

J’ai peint un pansement pour guérir, c’est comme une marque de fabrique pour moi. Je peins des pansements depuis presque dix ans maintenant. Ils se sont développés à partir de différents endroits et ont de nombreuses significations Les gens peuvent s’y retrouver de plusieurs manières, et pour moi, mon travail continue de changer et d’évoluer à mesure que j’explore les différentes significations et les compositions possibles.

En fait je voulais peindre un pansement parce que je sais que je peux le faire rapidement et que ce jour là on n’avait pas beaucoup de temps, mais en se retrouvant à cet endroit précis, ça a pris tout son sens, ça correspondait au lieu et au quartier et tout à coup, ça semblait vraiment juste de peindre ce genre de pièce ici. Dans d’autres endroits, ça pourrait juste être un tag mais ici ça signifie davantage pour moi. Quelque chose auquel je peux me relier, quelque chose auquel les gens du quartier peuvent se rattacher de différentes manières. Et puis je pense que ça fonctionne avec le texte. On n’avait jamais fait ça de cette manière avant, on n’avait jamais assemblé un texte avec ça, avec une image. Je pense que ça fonctionne bien.

Nitzan : Oui, vraiment bien.

Dede : J’espère que les gens vont apprécier

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2808Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2841

Quelles connexions faîtes-vous entre ce qu’il s’est passé ici, dans ce quartier et ce qui arrive de très nombreuses fois en Israël ? Ce n’est pas exactement la même chose mais… Il y a beaucoup d’actes de terrorisme qui touchent des civils. Comment rattachez-vous cet événement à vos expériences personnelles ?

Il y a un lien. J’ai l’impression qu’à Paris c’est une toute nouvelle situation. Ça se ressent dans l’air, dans le climat qui règne à Paris, sur les gens… Comme cette femme qui est venue me voir pendant que je peignais et qui a lu le poème. La manière dont elle a réagit, elle pleurait presque. A Tel-Aviv, je ne pense pas que ça arriverait parce que si j’écrivais le même poème à Tel-Aviv, personne n’aurait jamais relié ça au terrorisme. Ou peut-être que si, les politiques l’auraient fait, mais pas à des cas particuliers parce que ces attaques terroristes arrivent tout le temps. On est dedans, c’est courant.

Dede : Oui, les gens grandissent dans ces conditions. Ça nous suit en permanence. Ici, quand tu places ça dans un tel quartier…

Nitzan : Tu sais que c’est unique. Parce que ce quartier est unique. C’est comme si tu étais né avec des migraines, tu ferais avec toute ta vie, mais pour quelqu’un qui fait face à sa première migraine, il peut presque en vomir, il n’ira pas travailler, il ne pourra rien faire du tout, il sera paralysé. Pour nous c’est comme grandir avec des migraines et en avoir toute notre vie. Alors oui c’est très douloureux, mais on sait comment aller travailler avec, comment aller manger avec, aller voir des amis avec… Jusqu’à ce que ça t’arrive vraiment à toi, à un de tes proches, un membre de ta famille ou un de tes amis, et là c’est comme une nouvelle migraine. Parce que quand ça arrive à quelqu’un en Israël, tu es vraiment triste et choqué mais si ça t’arrive à toi c’est une autre histoire. Heureusement et par chance je n’ai pas eu ce genre d’expérience, ni dans ma famille ni parmi mes amis.

Dede : Il y a eu aussi une attaque dans un bar à Tel-Aviv dans la rue Dizengoff, c’est la dernière attaque, qui a eu lieu, le terroriste est arrivé et a tiré sur tout le monde à cette intersection.

C’était un Palestinien ?

Dede : Oui

Nitsan : Un Palestinien avec un pistolet…

Dede : Il n’était pas relié à l’EI, ça n’avait aucun lien, mais il était clairement influencé par des films et des vidéos. Il a commencé à tirer au beau milieu de la rue, c’était une rue très peuplée et dans ce pub, au beau milieu de cette rue, il a tiré et il a tué un des propriétaires du pub. Le pub a fermé durant une semaine. Après ça ils ont commencé à le réparer et à essayer d’aller de l’avant. Il y a peu de temps ils m’ont demandé de venir et de peindre à l’intérieur et quand je suis arrivé et que j’ai discuté avec les propriétaires et les gens qui étaient présents dans le pub, on a pris la décision de peindre un pansement. En fait on l’a peint il y a deux semaines. Deux pansements sur chaque mur, en mémoire de l’événement mais aussi du propriétaire mort lors de cette attaque.

Nitzan : Il y a définitivement un lien entre ces deux endroits.

Dede and Nitzin Mintz Le Carillon Petit Cambodge Rue Alibert Rue Bichat IMG_2822

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Nitzan Mintz est en ligne, ici et ici.

Dede est en ligne, ici et ici.

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Interview with Nelio

Nelio artist Lyon rue du paradis performance art geometry IMG_1770 copyNelio paints at rue du Paradis in Paris’ 10th arrondissment

Does your artistic production look more at the process or at the result?

I have three ways in which I produce, artwork based on a reflection, made as an exercise, and made as an experiment. When my work is based on a reflection, it tends to be the case that I’m aiming at transmitting certain messages in my paintings, whether in relation with observations of the world around me, or by introspective, philosophical or political reflections. But in the manner of a graphic designer when creating a logo, I will condense all the basic ideas, so that they are conveyed just in the form or the colour. It becomes less obvious, more intricate, and gives room for different interpretations. The message can be the starting point to create but is not necessarily the purpose of the work.

Artwork made as an exercise, is where the starting point of my paintings is an exercise. It can be the representation of my current research, a stage in my artistic construction, whether in composition, colour, shape, matter, light, volume. In this way, sometimes my painting speaks exclusively about painting.

Nelio artist mural street art graffiti rue du paradis IMG_1880Nelio artist graffiti rue de la fontaine au roi IMG_1945 Spontaneous painting at rue de la Fontaine au Roi in Paris 20th arrondissment

Artwork made as an experiment, is a third method of creation that is established when I try simply to transcribe feelings and emotions, without narration or hidden messages, when I want to reach pure abstraction. Working in this way, sometimes I surprise myself with my creations, this happens particularly when I do sessions of automatic drawings, that is, to draw as quickly as possible, and make a lot of drawings without stepping back. I imagine that the unconscious takes a larger part in this type of work.

At the end all these creative processes there is a mixture, and an overall common thread in my works is established, which brings out a sense of uncertainty in the viewer, who no longer knows exactly what to think or feel. “What is the message in this painting? Is there a message in it? What does it represent? Is it figurative? Abstract? Is there something written? Is it just decorative painting? An exercise? Is it the result of a elaborated sketch or an improvisation?,” and so on. Even if the starting point, the process or the purpose may sometimes be obvious, I try to make each painting allow this kind of questioning.

Nelio architecture rue de la fontaine au roi IMG_1959 Architecture compliments Nelio’s geometric style at Rue de la Fontaine au Roi, 11th arrondissement

What is your relationship with graphic design? And architecture?

I discovered the graffiti when I was thirteen or fourteen years old. The pleasure of creating letters led me to become interested in graphic design, which I studied formally for a while. What I liked most was to create logos, and experiment with screen-printing. I think my graffiti evolved when I began to incorporate this influence and started to paint symbolic forms with areas of flat colour, as is often the case in screen-printing.

El Lissitzky, A Proun suprematism copyright 1925 A “Proun” work by Russian suprematist artist, El Lissitzky. Ink and watercolour collage, untitled1 (1925)

About four years ago, I stopped doing professional graphic design and began to devote all my time to personal creativity. Being self-taught I have serious gaps in the history of art, but I would say that my aesthetic is quite close to Constructivism and Suprematism. For a long time I painted a bit like I was playing with Lego or a building set, trying to create new compositions with limited elements, a square, a circle, a triangle. Now, I’m experimenting more by making work which is freer, more random. This desire stems from my interest in abandoned places, and the architecture of these places. By making art in such a space, adding colour, form, a narrative develops, the space becomes a place. The kinds of spaces I prefer to work in are where you can find straight walls with crumbling parts. I find this kind of situation the most symbolic and an interesting contrast to the geometry of my designs.

I like to experiment with different techniques, because I think it feeds and develops my creations. Sometimes I’ll produce a very small drawing on paper with a fineliner, which will be completely different from a painting in an abandoned space, for example. This focus on meticulous detail, will have a more intimate and precious aspect, while the fresco will work at being viewed from a distance because it’s inseparable from it’s surroundings, and will degrade over time. Both are interesting and I like playing with the codes of each. This is what also drives me to paint both on very small formats and large facades, painting and using other media, especially screen-printing, engraving, and woodcarving.

Nelio artist paint wall graffiti rue du paradis 10 arrondissement IMG_1805 DIY attitude to production lies at the heart of the graffiti-street art culture

How do you choose your “canvases”?

I prefer to paint in abandoned places. In the city, I’m not inspired to paint a wall when there’s advertising around it. I also don’t look for the most visible or the biggest, rather, the most charming. I’m not a fan of blank, sterile walls, I work best when the wall has a history and is starting to fall apart, creating an interesting contrast with my clean geometric shapes. When there are inspiring surroundings, such as, architecture, atmosphere of the place, colours, and so on, this all adds to the narrative. My way of working is the street work is always site-specific.

Nelio architecture perfromance graffiti rue du paradis ICF habitation IMG_1831 Nelio’s physical style of producing this large-scale site-specific work at Rue du Paradis in the 10th arrondissement doubles as street performance

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Interview avec Nelio

Nelio artist Lyon rue du paradis performance art geometry IMG_1770 copy Nelio peint rue du Paradis dans le 10e arrondissement de Paris

Est-ce que ta production artistique est plus basée sur le processus ou le résultat?

J’ai trois manières de produire mes oeuvres: soit elles se basent sur une réflexion, soit elles sont réalisées comme un exercice ou une expérimentation. Quand mon travail est basé sur une réflexion, je transmet certains messages dans mes peintures, que ce soit en relation avec les observations du monde qui m’entoure, ou par des réflexions introspectives, philosophiques ou politiques. Mais à la manière d’un graphiste lorsqu’il créé un logo, je vais condenser toutes les idées de base, de sorte à ce qu’elles se transmettent parfois seulement par une forme ou une couleur. Cela devient moins évident, plus complexe, et donne lieu à des interprétations différentes. Ainsi, le message peut être le point de départ de création mais pas forcément l’objectif final de l’oeuvre.

A d’autres moments, le point de départ de mes peintures est un exercice. Celles-ci peuvent donc être une représentation de mes recherches actuelles, une étape dans ma construction artistique, que ce soit dans la composition, la couleur, la forme, la matière, la lumière, le volume,… De cette façon, mes peintures parlent parfois exclusivement de peinture.

Nelio artist mural street art graffiti rue du paradis IMG_1880 Nelio street art graffiti rue de la fontaine au roi11 arrondissementPeinture spontanée rue de la Fontaine au Roi, dans le le 20e arrondissement de Paris

Une troisième méthode de création, plus expérimentale, est établie lorsque je tente de transcrire simplement des sentiments ou des émotions, sans narration ou message caché, lorsque je veux atteindre une totale abstraction. En travaillant de cette manière, je me surprend parfois avec mes propres créations, cela se produit notamment quand je fais des séances de dessins automatiques, c’est à dire dessiner aussi vite que possible sans prendre de recul. Je suppose que l’inconscient prend une part plus importante dans ce type de travail.

Au final, tous ces processus de création se mélangent, afin de créer un fil conducteur général dans mes travaux, mais aussi pour faire ressortir un sentiment d’incertitude chez le spectateur, qui ne sais plus exactement que penser ou ressentir. “Quel est le message dans cette peinture? Y a t’il un message en elle? Qu’est-ce que ça représente? Est-ce figuratif? Abstrait? Y a t’il quelque chose d’écrit? Est-ce juste une peinture décorative? Un exercice? Est-ce le résultat d’un croquis élaboré ou une improvisation?,” et ainsi de suite. Même si le point de départ, le processus ou l’objectif sont parfois évident, je tente de faire en sorte que chaque peinture permettent ce genre de questionnement.

Nelio architecture rue de la fontaine au roi IMG_1959 L’architecture complète le style géométrique de Nelio, rue du Paradis dans le 10e arrondissement de Paris

Quelle est ta relation avec le graphisme? Et l’architecture?

J’ai découvert le graffiti quand j’avais treize ans. Le plaisir de créer des lettres m’a conduit à m’intéresser au graphisme, que j’ai étudié un peu plus tard. Ce que je préférais était la création de logo, et les rendus de la sérigraphie. Je pense que mes graffitis ont évolué quand j’ai incorporé ces influences et commencé à peindre des formes symboliques avec des aplats de couleurs, comme c’est souvent le cas en sérigraphie.

El Lissitzky, A Proun suprematism copyright 1925 Une oeuvre “Proun” de l’artiste suprématiste russe El Lissitzky. Collage, encre et aquarelle, sans-titre (1925)

En 2011, j’ai arrêté de faire du graphisme pour me consacrer pleinement à mes créations personnelles. Etant autodidacte, j’ai beaucoup de lacunes en histoire de l’art, mais je pense que mon esthétique est assez proche du Constructivisme et du Suprématisme. Pendant longtemps, je peignais comme si je jouais avec des Lego ou un jeu de construction, en essayant de créer de nouvelles compositions avec des éléments limités, tels que des carrés, cercles ou triangles. Maintenant, j’expérimente progressivement avec des formes qui sont un peu plus libres, plus aléatoires.

Ce désir provient de mon intérêt pour les lieux abandonnés, et de leur architecture en partie détruite. Le genre d’endroit où je suis le plus inspiré pour créer est lorsqu’il y a des murs rectilignes avec des parties qui s’effondrent. Je trouve la symbolique et le contraste très intéressants. En interagissant avec les éléments existants, y ajoutant mes formes et couleurs, un récit se développe et l’espace devient un peu plus spécial.

J’aime expérimenter différentes techniques car je trouve que ça nourrit et fait évoluer mes créations. Lorsque je dessine avec un stylo très fin sur du papier, cela sera complètement différent d’une peinture dans un lieu abandonné par exemple. L’un, axé sur la méticulosité, aura un aspect plus intime et précieux, tandis que la fresque s’appréciera davantage avec un certain recul, car elle est indissociable de l’ambiance qui l’entoure, et subira plus rapidement les effets du temps. Les deux sont intéressants et j’aime jouer avec leurs  codes. C’est ce qui me pousse aussi à peindre à la fois sur de très petits formats et des grandes façades, sur toile et autres supports, faire de la sérigraphie, de la gravure, des sculptures en bois.

Nelio artist paint wall graffiti rue du paradis 10 arrondissement IMG_1805Une attitude de production “Do It Yourself” réside au coeur de la culture graffiti – street art

Comment tu choisis tes “canvas”?

Je préfère peindre dans les lieux abandonnés. En ville, je ne suis pas inspiré pour peindre un mur lorsqu’il y a de la publicité autour. Et je ne cherche pas le plus visible ou le plus grand mais plutôt le plus charmant. Quand il y a un environnement intéressant, tel que l’architecture, l’atmosphère de l’endroit, les couleurs, etc. Je ne suis pas fan des murs sans expression, je travaille mieux quand le mur a une histoire et commence à s’effriter, j’aime y créer un contraste fort avec mes formes géométriques aux aplats propres. Ma façon de travailler dans la rue est toujours en relation avec le lieu.

Nelio architecture perfromance graffiti rue du paradis ICF habitation IMG_1831 La gestuelle de Nelio pour peindre cette oeuvre à grande échelle adaptée à l’espace environnant, rue du Paradis dans le 10e arrondissement de Paris, devient une performance

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Interview avec Louis Masai Michel

London street artist Louis Masai coral

La conférence des Nations Unies sur le climat ou COP21 s’est passé à Paris. Basé à Londres l’artiste Louis Masai est venu faire la promotion de la prise de conscience de la dégradation de nos récifs coralliens en peignant de beaux cœurs de corail à l’intérieur de la gare Montparnasse et sur les murs dans les 11e et 10e arrondissements. Nous avons été dans les rues pour documenter sa production et l’interroger sur sa pratique. Ci dessous vous pourrez lire une interview de Louis, ainsi qu’une sélection de ce qu’il a produit.

Louis Masai London street artistDétail du coeur d’un corail de l’un des récifs coralliens à la bombe de peinture, rue Saint-Maur dans le 11ème arrondissement

Parlez-nous un peu de votre parcours et comment vous êtes devenu un artiste.

Eh bien, je suppose que tout a commencé avec le cliché « que je n’ai jamais été bon à quelque chose à l’école». Cela combiné avec le fait que mes parents étaient des amoureux de l’école d’art. Je suis né avec des gènes d’artistes qui coulaient déjà dans ma lignée. En fait, une grande partie de ma famille est créative, il doit y avoir un lien avec cela.Mais, finalement c’est en vivant à Cornwall pendant dix ans, sauf les quatre années ou j’ai passé à étudier les beaux-arts, que je me suis senti être un trop gros poisson dans un petit étang, ainsi j’ai plongé dans les profondeurs de Londres, où je suis maintenant la moitié de l’année dans un studio pour y travailler, et le reste de l’année je peins dans le reste du monde.

Street artiste Londres, Corail de l'artiste Louis Masai

Devient-on un artiste? Je ne suis pas si sûr, je pense que finalement c’est en nous ou pas. Je suis d’accord que l’on peut apprendre à être un meilleur artiste, le chemin peut être plus facile ou plus difficile, mais il ne suffit pas de savoir peindre, dessiner ou créer pour être un artiste; devenir un artiste selon moi, c’est un style de vie et d’accepter d’y être accro. Je deviens grincheux si je n’ai pas créé pendant deux jours, et je peux certainement m’ennuyer avec quelqu’un qui n’aime pas l’art autant que moi, en parlant de combien il est important pour la société.

Par quoi avez vous été inspirez pour vous mettre à peindre des éléments de l’environnement naturel?

Je suppose qu’il est plus difficile de peindre sans idées que de créer directement à partir de ce qui vous intéresse. Pour moi, se sont les éléments du milieu naturel.J’ ai toujours admiré la faune et la douceur de la nature, aujourd’hui j’ai vieilli et amener les autres personnes à réfléchir sur l’environnement est devenu important pour moi. Se serait étrange pour moi si cela ne se reflétait pas dans mon art. Je sens que les images visuelles peuvent être utilisées pour passer un message ainsi mon art est la pour parler des espèces en voie de disparition.

Street Artiste Londres Corail Louis Masai

Qu’est ce qui a inspiré votre récent voyage à Paris, et pourquoi tous vos tableaux sont des coraux?

J’ai passé les douze derniers mois à travailler aux côtés d’une agence environnementale étonnante appelé Synchronicity Earth. Le premier projet s’appelle “This Is Now” pour cela nous avons créé un court métrage sur la faune britannique, mettant en évidence les espèces envahissantes, en voie de disparition, et éteintes.

“This is Now” est un court-métrage retraçant la production d’une série de peintures de Louis par le cinéaste, Toby Madden

Le projet actuel est sur le déclin des récifs coralliens. Derrière le projet l’idée est à la fois la prise de conscience de la situation actuel des récifs, mais aussi pour soutenir la régénération des coraux. La première étape est le financement de la foule où nous sommes en train de monter le film qui documente la fresque peinte à Shoreditch dans l’Est de Londres en Octobre. Ce film encouragera les investisseurs à soutenir le réaménagement des récifs dans le monde entier par l’intermédiaire de la campagne de corail Synchronicity Earth. La campagne sera également une passerelle pour moi, comme créer plus de peintures murales dans le monde, encourager plus de gens à être conscients de l’environnement, des effets néfastes que nous avons sur les océans. Le facteur le plus important est de rappeler à tout le monde que les émissions de CO2 sont en train de détruire la vie océanique, et si la température de l’océan augmente le récif corallien va mourir.

Le récif est une biodiversité vivante qui non seulement protège la terre contre les inondations, mais est également la première étape apparente d’un effet domino qui pourrait détruire la viabilité de la planète pour toujours. Voilà une perspective effrayante et je ne pense pas que beaucoup de gens soient au courant. En fait, il me stupéfie encore de savoir que beaucoup de gens pensent que le corail est une plante alors que c’est un animal.

Louis Masai LondonLovesCoral Shoreditch Rich Mix Mural peint en Shoreditch, Londres par Louis Masai dans le cadre de la campagne de Synchronicity Earth pour le corail

Donc, cette première fresque de Londres, représente un coeur avec le centre creux. La forme globale du corail est un cadenas et la forme de son centre en coeur est le trou de la serrure. Les clés sont maintenant peintes autour du monde comme les coraux en forme de coeur. C’est ce que je peins à Paris, les clés sont le symbole de la nécessité de débloquer la situation en luttant contre les menaces qui pèsent sur elle. Il est certainement un des artistes qui a le mieux su parler de cette situation critique, mais je l’espère, il est celui qui peut unir les gens dans le monde de prendre un peu plus d’action dans la recherche de la façon de réduire activement leurs propres empreintes de carbone, si vous voulez poursuivre cette montre d’enquête le film Cowspiracy sur Netflix.

J’étais à Paris la semaine dernière pour le lancement de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique: la COP21. Je crée un film sur ce voyage juxtaposant la ville de l’amour avec le cœur brisé et moi je peins les coeurs de corail pour élever espérons quelques réflexions sur les océans.

Londres artiste de rue Louis Masai corail rue de la Fontaine au Roi Coral orné d’un hashtag #LOVECORAL rue de la Fontaine au Roi dans le 11ème arrondissement de Paris. Photo: Louis Masai

Vous ajoutez hashtags à beaucoup de vos peintures murales pour essayer de créer un soutien en ligne pour cette cause et d’autres causes environnementales. D’après vous est ce que cette stratégie a un impact sur la pureté du travail?

Eh bien, je vais vous dire, je répugne personnellement les médias sociaux et tout ce qu’il y avec, mais je reconnais aussi l’importance qu’il détient, à la fois pour moi en tant qu’artiste et en tant qu’individu qui veut étendre la sensibilisation sur l’environnement. Je l’utilise à mon avantage du mieux que je peux: les hashtags sont devenus un moyen bien connu pour recueillir des images, des données et les pensées de tous les différents médias sociaux.

Hashtags organisent soigneusement ces informations pour les gens du monde entier tombe dessus. Malheureusement, tout le monde n’a pas la même vision des choses et donc j’essaye d’encourager les téléspectateurs à suivre ‘yellow brick road’ et dans ce cas, c’est #LOVECORAL. Je les tags sur les murs avec mes peintures pour les mettre sur la voie, et cela fonctionne. Je n’insère pas toujours le hashtag à mon travail, mais pour les coraux c’est important pour moi. En d’autres occasions, j’écris un message ou des statistiques, et même si elle pourrait être une peinture elle devient le message de ma cause, c’est la promotion d’un niveau supérieur de conscience, je suis d’accord avec cela si mon art peut être une prise de conscience que simplement une jolie image qui éclaire un coin de rue lugubre. Je suppose que cela est la raison pour laquelle les gens vont intituler mon style de travail comme «d’activisme», mais pour moi, juste une façon moderne de montrer les pensées et les mouvements populaires.

Artiste de la rue de Londres, Corail de l'artiste Louis Masai

Pour moi, peindre sur des petites surfaces murales sert de publicité pour un artiste et c’est seulement quand le mur est grand que cela devient une sorte de fresque. Je pense que la majorité de mon travail n’est pas seulement de la pub que je fais sur mes toiles, mais aussi une façon de sensibiliser. Si le hashtag écrit conjointement à la peinture murale vient visuellement entraver la pureté de l’image, je suis d’accord avec cela. Mais mon travail en studio est 100 pour cent pure et ne contient pas ces messages.

Je pense aussi que les spectateur devienne beaucoup trop intransigeants avec l’art en extérieur; ces peintures ont une certaine durée de vie et le plus souvent l’artiste l’accepte que plus les fans. Si, en tant que spectateur, vous êtes dérangé par une impureté du langage visuel, alors je pense que vous avez ferez mieux de passer à autre chose et de vous rappeler que le contrôle est pour l’art d’intérieur.

Quelle est la différence entre ce que vous peignez dans les rues et le travail que vous vendez?

Les deux sont égaux en terme de sensibilisation. En intérieur, je travaille avec des brosses sur papier de bois récupéré et des stylos à pointe fine. J‘ai aussi commencé à sculpter avec de la résine et des jouets. En extérieur, j’utilise des bombes de peinture.

Je ne peux pas atteindre une qualité identique d’un environnement à l’autre, donc évidemment, il y a une différence entre les deux au niveau du rendu de l’image. Ce que je remarque, cependant, c’est que chaque style informe l’autre, de sorte que je voudrais être capable de faire exactement les mêmes peintures dans les deux milieux, donc nous allons voir ce qui se passe dans le futur.

Je suppose que l’autre différence est, comme je l’ai dit plus tôt, lorsque je peins dehors, je fais de la publicité et non quand je peins en studio – je crée une décoration d’intérieur.

Londres artiste de rue Louis Masai coralRue du Faubourg Saint-Denis et de la rue de la Fidélité

London street artist Louis Masai coral

Street art Londres artiste de la rue Louis Masai coralRue de la Fidélité dans le 10ème arrondissement de Paris

Que se passe-t’il dans votre esprit lorsque vous peignez dans les rues et comment vous ressentez-vous le fait que votre travail pourrait être enlevé, recouvert?

La création d’un tableau, au cours du temps, du début à la fin, englobe de nombreux processus de pensée différents. Je me sens extrêmement passionné par ce que je peins, donc il y a beaucoup de sentiments et d’émotions qui vont dans chaque tableau. Habituellement, j’écoute de la musique quand je peins. Cela me procure un tout autre niveau créatif que je trouve difficile à atteindre à partir d’autres sources, cela me permet de me concentrer à différents moments au cours du tableau. En fait, je n’ai pas beaucoup écouté de musique pendant que j’étais à Paris. Je pense que je l’ai fait intentionnellement afin de mieux ressentir l’émotion de la ville elle-même. En fin de compte, la peinture est pour moi une méditation et je deviens totalement égocentrique et libéré de mes problèmes personnels.

Il m’importerait peu si l’on devait recouvrir mes peintures, cela me rendais triste au début, mais maintenant, je l’accepte simplement comme la manière qu’on les êtres humains à traiter leur environnement. Quand mes peintures sont détruites, c’est comme une métaphore sur la réelle mise en danger de l’animal – présent aujourd’hui, disparu demain.

Pouvez-vous s’il vous plaît nous parler un peu de vos plans pour l’année 2016?

J’ai quelques expositions groupées d prévues et je suis en pourparler pour organiser une exposition solo à l’international

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Trouver Louis Masai en ligne sur son site et Instagram, ici et ici.