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Interview with Thomas Dityvon aka Mister Pee

IMG_0078Postcards, part of Mister Pee’s large portfolio.

Thomas Dityvon, or Mister Pee, has a thread to his superficially comic characters: “dark thoughts.”

“I can’t just do ‘free drawings’, I’m always looking for sense. When you have a combination of trees and a world that’s more organic, it means something. A way to struggle against the culture, that is, the city, the politics. This is why my characters are always wearing hats, because the hat or the tie, for me, represents politics, or big industrials – big bosses,” Pee says.

IMG_0561Mister Pee glues up his work in Paris’ 10th arrondissement.

Mister Pee - Thomas Dityvon street art paris

 

 

With a professional background as a graphic designer and illustrator, having been the comic strip illustrator for a popular kids magazine for years, Dityvon explains: “In France, the supermarket industry, this kind of culture, it’s very dangerous for our minds.”

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Based in the Paris suburb of Montreuil, where he lives in a modest house with a young family of his own, it’s easy to understand how he would he would arrive at his anti- stance. He goes on: “My work is about freedom, about the way you define your freedom, and the idea of not wanting to be a sheep.”

The way Dityvon relates his art to his worldly experience of the ‘big industrials’ befits street art, which is inherently political. It’s no surprise, also that when questioned on his influences, he name drops the Polish artist and art theoretician, Krzysztof Wodiczko, below, whose light projections onto city buildings and monuments use the power of context to inspire debate over issues of their time. Pee describes him as “stronger than Banksy”.

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Krzysztof Wodiczko light projection, Washington D.C. (1988).

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However, Pee is no raving anarchist, and the world he creates through his illustrations is “… without a big discourse,” he explains. He sews in his beliefs about the ‘big bosses’ but the art is also another kind of journey, “just a way for me to draw, to find, and to experiment with shapes.”

His portfolio, with acrylic work, animation, and even paper toys, is evidence of his artistic breadth. With an early exposure to film and photography, as well as classic New York graffiti, Mister Pee soon became absorbed by offbeat imagery, incorporating it in his street art and always with a dimension of humour. “I always have to be sarcastic or to have the distance of hindsight, it’s having a critical regard, a critical view in the capacity of having some liberty of thinking, some distance regarding what you say. In other words, to not just leave something on the level of appearances.”

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The artist weaves political undertones into his illustration, but reiterates that his work concerns the return to nature, referencing Voltaire, and Rousseau amongst the Lumières from the Age of Enlightenment, “There’s the big myth of a culture against nature. This is the same idea…back to the tree!”

IMG_0070A watercolored illustration at Dityvon’s studio. 

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Check out more of Mister Pee’s work at his website and his Facebook page.

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Interview avec Thomas Dityvon, alias Mister Pee

IMG_0078Des cartes postales, une partie du portfolio de Mister Pee.

Thomas Dityvon, ou plutôt Mister Pee, entretient une relation singulière avec ses personnages superficiellement comiques aux «  idées fumeuses ».

« Je ne peux pas juste dessiner sans réfléchir, je suis en recherche perpétuel de sens. Je trouve du sens dans une forêt d’arbres, par exemple, un monde toujours plus organique traduisant un retour à la terre. C’est une manière, pour moi, de lutter contre la « culture » de la ville, celle instaurée pas les politiques. C’est pour ça que mes personnages portent toujours des chapeaux. Pour moi, les chapeaux et les cravates représentent les politiques ou les gros industriels, les grands patrons » dit-il.

IMG_0561Mister Pee colle ses oeuvres dans le 10ème arrondissement.

Mister Pee - Thomas Dityvon street art paris

 

Avec une solide formation professionnelle de graphiste et d’illustrateur et après avoir été, des années durant, dessinateur d’une bande dessinée pour un magazine jeunesse populaire, Dityvon explique qu’ « en France, l’industrie agroalimentaire de masse, les supermarchés sont dangereux pour nos esprits ».

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Basé en banlieue parisienne, à Montreuil, il vit dans une modeste maison avec sa jeune famille. On comprend facilement comment il est arrivé dans cette position « à contre courant ». Il continue : « mon travail est une réflexion sur la liberté : comment tu définis ta liberté et l’idée de ne pas vouloir être un mouton ».

Le caractère politique inhérent au street art s’illustre parfaitement dans la manière dont Dityvon a choisi de traduire artistiquement sa perception de l’industrie capitaliste. De même, il n’est pas surprenant que lorsqu’on l’interroge sur ses influences, il fasse référence à l’artiste et théoricien polonais Krzysztof Wodiczko dont les projections lumineuses sur des immeubles et bâtiments puisent dans la puissance du contexte pour initier des débats sur l’actualité contemporaine. Pee le décrit comme « plus fort que Banksy ».

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Krzysztof Wodiczko une projection de lumiere , Washington D.C. (1988).

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Mais attention, Pee n’est pas un anarchiste délirant et le monde qu’il imagine et colore dans ses illustrations est « sans prétentions ».

Certes, il y incorpore ses opinions politiques, mais il est conscient que son art est plus que ça. L’art est une autre histoire, « juste une manière de trouver à s’exprimer à travers les formes ». Son portfolio éclectique : œuvres acryliques, animés ou encore jouets en papier, est un témoignage de l’étendue de son panel artistique.

Ayant été, dès son plus jeune âge initié à la photographie et au cinéma, mais aussi sensibilisé au graffiti new yorkais old school, Mister Pee a rapidement été absorbé dans son imaginaire décalé, incorporant toujours une touche d’humour dans son street art. « Il faut toujours que je sois sarcastique… J’essaye toujours d’avoir une certaine sagesse qui me permet de garder un regard critique sur tout. Je garde mes distances pour rester libre de penser et de dire ce que je veux. Il s’agit d’aller toujours au delà des apparences ».

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A travers ses illustrations, l’artiste tisse donc des liens étroits entre ses personnages et les tendances politiques. Mais il tient tout de même à rappeler qu’au delà du « purement politique », son travail traite essentiellement du retour à l’état de nature, se référant à Voltaire et Rousseau et au siècle des Lumières. « Il y a une opposition légendaire entre culture et nature … C’est la même idée ! Le retour à la terre ».

IMG_0070Une illustration à l’aquarelle de Dityvon.

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Pour plus d’informations, visitez son site web et sa page Facebook.

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Interview avec ZAP and JUMBO

ZAP sydney graffiti artist street art parisMur par ZAP 

Les artistes de la côte Australienne ZAP et JUMBO, récemment de passage à Paris, ont d’abord été exposés à la culture graffiti dans les années 80 et 90. JUMBO dit à propos de la culture graffiti: “A la période dans laquelle nous vivons, il est devenu plus difficile d’agir de manière individuelle et d’avoir une voix unique. Notre culture est plus homogène. Je pense à cela en parlant de prendre une bombe de peinture, une boule de fil, une affiche, ou de la peinture et de créer quelque chose dans dans son propre style. Faire ça c’est déclarer son individualité et se dresser contre le genre de société qui cherche à aplatir les différents points de vue et les idées des gens ” .

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours artistique et comment vous êtes entré dans le street art ?

JUMBO: Je me suis toujours intéressé à la culture graffiti quand j’étais jeune. Les gars de mon école avaient peint des trains et des tunnels, et je pouvais voir ces oeuvres d’art sur le chemin lorsque j’allais ou lorsque je revenais de la ville. Ca a coïncidé avec le changement du style musical qui passait à Sydney pendant les années 90, de la house et du funk, du hip-hop, etc. Tous ces nouveaux styles passaient sur les ondes des radios communautaires. L’écoute de cette musique, mélangé avec les graffitis, c’était un message fort, j’ai tiré quelque chose de ça Je ne voulais pas aller dehors et prendre des risques en faisant de gros dégâts et je faisais plutôt un travail d’illustration et du dessin à l’époque. Du coup, je suis resté plus ou moins loin de la scène graffiti jusqu’à ce qu’elle change autour des années 2000 et les choses ont été libératrices quand Barry Mcgee est devenu célèbre et quand Shepard Fairey a commencé à coller des affiches. Ca a été à la même époque que les choses ont changé à Sydney, de toute façon.

JUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP, Sydney

Par rapport à ce que vous avez dit, pouvez-vous identifier les principaux thèmes et influences présentes dans votre travail ?

JUMBO: Je fais beaucoup de pièces symétriques dernièrement qui intègrent généralement le thème du cirque et ses animaux, avec différents membres déconstruits. L’idée n’est pas vraiment claire pour moi. J’essaie juste de travailler en mettant en forme mes idées les unes autour des autres, simultanément. C’est intéressant pour moi de peindre et dessiner en même temps.

En termes d’influences, voilà celles qui me viennent immédiatement à l’esprit, j’aime le travail de Honet, d’Hell’o’monsters, et celui de gars ici à Sydney : Beastman, Numskull et Bafcat. Une autre de mes influences, c’est et le design et l’architecture des années 1950 et 1960.

ZAP: Normalement, les gens aime mes œuvres, les couleurs, les formes, les personnages, etc. Certaines personnes ont la tête dure, ils ne comprennent rien de créatif.Les influences principales de mon travail sont des formes abstraites, psychédéliques mais aussi certaines B.D. des années 70 et 80. Les formes, les personnages, les vaisseaux spatiaux, sont tous les symboles du voyage de l’artiste à travers le temps et l’espace.

Vidéo par ZAP

Quelle différence faites-vous entre votre travail dans la rue, souvent sans autorisation, et votre travail en atelier ? Et de quelle manière votre production est-elle connectée au marché de l’art ?

JUMBO: J’ai commencé à faire des affiches parce que c’était facile à mettre en place à Sydney. La loi est assez stricte si tu es pris en train faire des graffitis de manière illégale, C’est considéré comme un crime intolérable. Les affiches étaient un moyen facile de contourner le problème et il y a toujours des endroits où les mettre, car elles peuvent aller presque partout. Ca a changé et maintenant je fais beaucoup plus d’oeuvres directement sur les murs avec des bombes de peintures. Je trouve que c’est une méthode plus stimulante et plus intéressant pour moi en ce moment. Je pense que je vais revenir à l’affiche à nouveau, par la suite.

ZAP: Je me considére comme un artiste outsider qui utilise des bombes de peinture, parce qu’avant que le Street art ne soit populaire, je faisais déjà des expériences avec des idées inhabituelles. Je pense que le monde de l’art est vraiment bien, du graffiti au Street Art. Je n’aime pas la manière qu’ont certaines personnes d’utiliser le street art ou le graffiti pour faire de l’argent. C’est bien de faire de l’argent, mais quand on le fait de l’art pour avoir de l’argent, ça devient toute autre chose, ce n’est plus de l’art alternatif. Je pense qu’il y aura toujours des problèmes entre les graveurs et les street artistes.

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAPJUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

Emmenez-nous dans votre processus de création artistique.

JUMBO: Je pose un de mes croquis sur le mur et je le développe un peu en fonction de l’espace et parfois il peut aussi changer en fonction de l’environnent.

ZAP: En ce qui concerne mon processus de création, je fonctionne d’abord par esquisses, puis je change de support et je passe au mur. Je choisis un endroit spontanément. L’architecture est également importante: les textures des murs. D’habitude, j’aime bien les endroits dégradés, en mauvais état qui ont beaucoup de caractère etc.

Comment les gens réagissent habituellement face au travail que vous créez dans la rue?

JUMBO: A Paris c’était super, les gens étaient vraiment favorables à ce que nous faisions. Ce que nous avons peint à Paris n’est probablement pas quelque chose qu’ lin voit beaucoup dans la rue là-bas. Très grand, non subjectif, coloré et abstrait. Ce ne sont pas des oeuvres conflictuelles. Ceci étant dit, il y’a quand même eu des gens qui ont mal réagi. Il y avait un gars qui avait déjà beaucoup de tags sur sa devanture et ses volets, donc on est arrivé et on a commencé à peindre sur la zone déjà taggée. Ca allait le rafraîchir un peu, mais il nous a vu et est devenu fou furieux, a commencé à donner des coups de pied dans les bombes de peinture que nous avions posées sur le trottoir, elles se sont retrouvées partout dans la rue, et il a voulu nous signaler à la police. Il n’avait pas tord, parfois les devantures de magasins sont détruites, mais nous n’étions pas là pour l’abimer Malheureusement, tout le monde ne le voit de la même façon, mais je peux comprendre cela.

ZAP: Le climat politique [à Sydney] est dominé par les conservateurs en ce moment, ce qui affecte le Street Art et les graffitis, parce qu’ils veulent que tout soit très propre, comme à Singapour. Et les yuppies (young urban professional) ne nous aident pas pas non plus.

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP

JUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP

Qu’est-ce que vous aimez dans le fait d’investir Paris avec votre travail, et où avez-vous eu l’occasion de peindre durant votre voyage?

JUMBO: Paris c’était super, il y a de si belles rues et ruelles. Je pense qu’il faut faire attention et prendre en compte l’environnement dans laquelle on souhaite créer quelque chose, pour voir si ça fonctionne, parce que les rues de Paris sont chargées d’histoire et les habitants sont fiers de leur ville. Paris n’est plus délabré et certains endroits sont assez haut de gamme. Alors ils réagissent mal si vous allez peindre dans le mauvais endroit. J’ai également peint à Londres et à Berlin au cours de ce voyage.

ZAP: Quand je peignais à Paris, j’ai eu beaucoup de réactions inhabituelles. Il y a certains moments où on l’a échappé belle, mais la plupart du temps c’était positif. Beaucoup plus qu’à Sydney. Ce qui me plaît Paris c’est l’énergie brute des rues et l’architecture. A Berlin c’est pareil. J’aime beaucoup le style de Paris, je l’ai toujours aimé depuis les années 80.C’était incroyable de peindre sur un grand nombre de bâtiments abandonnés. Il y avait une super ambiance. Sydney, à mon avis est l’un des pires endroits pour peindre. Tout est poncé, il y a trop de projets immobiliers, il n’y a pas beaucoup de bâtiments abandonnés. Le grand public a une idée très arriérée à propos du fait de peindre sur les murs. S’ils vous voient faire quelque chose avec des bombes de peintures sur les murs, ils appelleront les flics tout de suite. L’Europe et l’Amérique du Sud sont des endroits incroyables pour peindre.

Quel est le plus grand défi que vous ayez rencontré lors de la mise en place d’une oeuvre dans la rue?

JUMBO: Trouver une place qui ne dérangeait personne était en quelque sorte un défi … surtout dans une ville étrangère où vous ne savez pas exactement ce qui se passe tout le temps.

Comme je le disais, la loi est sévère ici à Sydney, donc il y a peu d’opportunité de faire ce que l’on veut. Ca doit être légal … la plupart du temps, de toute façon ...

ZAP: L’un des plus grands défis que j’ai rencontré en faisant du Street Art c’était quand je mettais ces affiches que j’avais faites et qui avait deux étages.. Elles n’arrêtaient pas de tomber, mais finalement j’ai réussi à les mettre place.

ZAP sydney graffiti artist street art paris Une pièce du street artiste de Sydney ZAP

Où et quand avez-vous mis en place votre première oeuvre dans la rue ?

JUMBO: C’était à Sydney en 2001

ZAP: Tout d’abord, j’ai commencé à m’intéressé au graffiti vers 1986. Je suis entré dans l’univers du graffiti à travers le skateboard. Je construisais des rampes de skateboard dans des bâtiments abandonnés – C’est là que j’ai fait ma première pièce graffiti.

J’étais dans le graffiti pur dans les années 80 et au début des années 90, jusqu’à 1996. J’ai commencé à créer des choses avec un anti style, c’était un style abstrait, avec une influence des B.D. Comics des années 70 et du début des années 80, avec des lignes floues, pas de lignes nettes, de l’overspray etc. De la peinture au pistolet que je faisais ressembler à de l’art brut. Je prenais aussi des cours dans une école d’art à ce moment là. Les graffeurs me disait: “ce n’est pas du graffiti, ça devrait être sur une toile”.

Quel est selon vous l’importance du street art ?

JUMBO: A cette époque dans laquelle nous vivons, il est devenu plus difficile d’être personnel, d’avoir son propre style et d’avoir une voix unique. Notre culture est plus homogène. Je pense à cela en parlant de prendre une bombe de peinture, une boule de fil, une affiche, ou de la peinture et de créer quelque chose dans dans son propre style. Faire ça c’est déclarer son individualité et se dresser contre le genre de société qui cherche à aplatir les différents points de vue et les idées des gens

Quels sont vos plans pour le reste de 2013?

JUMBO: Pour le reste de 2013, je prévois de faire quelques escapades à l’étranger, quelques spectacles ici à Sydney, et beaucoup plus de peinture sur les murs bien sur.

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ZAP peut être trouvé en ligne, ici.

JUMBO peut être trouvé en ligne, ici.

 

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Interview with ZAP and JUMBO

ZAP sydney graffiti artist street art parisZAP wall in Sydney

Sydney-siders, ZAP and JUMBO, in Paris recently, were first exposed to graffiti culture in the ’80s and ’90s. JUMBO says about graffiti culture: “In this age that we live in, it has become harder to be individual and have a unique voice. Our culture is more homogenised. I think that going and taking a spraycan, ball of yarn, poster, or tin of paint to the street and creating something of your own is a statement of individual willpower and stands against the kind of society that seeks to flatten peoples viewpoints and ideas”.

Can you tell us a little about your artistic background and how you got into street art.

JUMBO: I was always interested in graffiti culture from when I was young. The guys in my school had painted trains and tracksides, and I could see these artworks on the way to and from the city. It coincided with the change in music that was happening in Sydney during the early ’90s, house music and funk, hip-hop etc, were all coming through on community radio stations. Listening to this music, mixed with graffiti, it was a strong message, I was getting something from it. I didn’t want to go all out and take risks by doing big damage and I was more consistently doing illustration-style artwork and drawing. So, I stayed more or less away from the graffiti scene until it changed around 2000 and things were freeing up, when Barry Mcgee became big and Shepard Fairey was doing poster art. That was around the time things were changing in Sydney, anyway.

JUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP, Sydney

Further to what you’ve mentioned, can you pinpoint the main themes and influences present in your work.

JUMBO: I’ve been doing quite a lot of symmetrical work lately which usually incorporates a circus theme and animals with varying deconstructed limbs. The idea isn’t really clear to me. I just try to work ideas in around each other all simultaneously. This makes it interesting for me to paint and draw.

In terms of influences that spring to mind immediately, I like the work of Honet, Hell’o’monsters, and the guys here in Sydney Beastman, Numskull and Bafcat; and the design and architecture from the ’50s and ’60s.

ZAP: Normally, people like my works, the colours, shapes, characters, etc. Some people are brick heads though, they don’t understand anything creative.
 The main influences with my work are Psychedelic abstract forms, also ’70s and ’80s comic influences. Shapes, characters, spaceships, are all symbols of the artist’s journey through time and space.

Video by ZAP

How do you compare working in the street, often without permission, to making work just in a studio, and to the way your production is connected to the commercial art market?

JUMBO: I started out doing posters because they were easy to put up in Sydney. It’s quite strict if you’re caught doing illegal graffiti, it’s seen as an intolerable crime. Posters were an easy way to get around the problem and there are always spots to put them because they can go almost anywhere. That has changed and now I do a lot more work with spraypaint onto walls directly. I find this is a more challenging and interesting method for me at the moment. I think I’ll go back to posters again, eventually.

ZAP: I would call myself an outsider artist using spraypaint, because before street art was popular, I was experimenting with unusual ideas. I think the whole world of spraypainting on walls is great, from graffiti to street art. I don’t like how some people use street art or graffiti to make money. It’s great to make money, but when you only do the art form for money, then it becomes like anything else, it doesn’t stay underground. I think there’ll always be issues between graffiti writers and street artists.

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAPJUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

Take us through your process for producing artwork.

JUMBO: Bring a rough sketch to the wall and sort of expand a bit on it depending on the space and perhaps change it to suit the environment.

ZAP: The process of producing the artwork is through sketch, then wall. I pick a location through spontaneity. The architecture is also important: textures of the
 wall. I usually like run down places with a lot of character etc.

How do people usually respond to the work you create in the street?

JUMBO: Paris was great, the people were really supportive of what we were doing. The work we painted in Paris was probably not seen very much on the street there. Quite big, non subjective and colourful and abstract in style. It is non-confrontational. That being said, we did have some people who reacted badly. There was a guy who already had a lot of tagging on his shopfront and shutters, so we came along and started to paint over the tagged area. It was going to freshen it up a bit, but he saw us and went berserk, started kicking the cans we’d laid out on the pavement all over the street, and wanted to report us. He had a point, sometimes the shopfront gets wrecked, but we weren’t there to ruin it. Unfortunately, not everyone sees it the same way, but I can accept that.

ZAP: The political climate [in Sydney] at the moment is dominated by conservatives, which affects street art and graffiti, because they want everything to be very clean, like in Singapore. The whole yuppie thing doesn’t help either.

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP

JUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP

What is it that you like about putting up work in Paris, and where else did you paint on your trip?

JUMBO: Paris was great, it has such nice alleys and streets. I think you have to be cautious and consider about whether it works in the environment, because these streets are historical and the people are proud of their city. It’s not rundown anymore and some places are quite upmarket. So they react badly if you go and paint in the wrong area. I also painted in London and Berlin during this trip.

ZAP: When I was painting in Paris, I had a lot of unusual reactions. There were some close calls, but mostly positive. Much more than in Sydney. What I like about Paris is the raw energy of the streets and architecture. Berlin is the same. I like Paris styles a lot,  I have always liked it since the ’80s.
 It was amazing to paint on a lot of abandoned buildings. There was a great vibe. Sydney in my opinion is one of the worst places to paint. Everything gets buffed, there is too much real estate developments, there aren’t that many abandoned buildings. The general public have a real backward idea of anything painted on the wall. If they see you doing anything with spray paint on the walls, they will call the cops straight away. Europe and South America are amazing places to paint.

What’s the biggest challenge you’ve faced putting up a piece on the streets?

JUMBO: Finding a spot that doesn’t offend anyone is a bit of a challenge…especially in a foreign city where you don’t know for sure what is going on all the time.

Like I was saying, the law is heavy here in Sydney so there isn’t a lot of opportunity to do what you want . It has to be legal, most of the time anyways.

ZAP: One of the biggest challenges I faced while putting up street art was when I was putting these posters I had made, which where two stories high. They kept on falling down, but eventually I put them up.

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP

Where and when did you put up your first street piece?

JUMBO: It was in Sydney in 2001

ZAP: First of all I, started to get into graffiti around 1986. I got into graffiti through skateboarding. I was building skateboard ramps in abandoned buildings – thats where I did my first graffiti piece.

I was into pure graffiti in the ’80s and early ’90s, until 96. I started to experiment with anti style, which was an abstract style, with the ’70s and early ’80s comic influence with fuzzy lines, no clean lines, overspray etc . The spray painting I was doing looked like outsider art. I was also going to art school then. Graffiti writers would say to me, “that’s not graffiti, it should be on a canvas”.

What do you think is the importance of street art?

JUMBO: In this age that we live in, it has become harder to be individual and have a unique voice. Our culture is more homogenised. I think that going and taking a spraycan, ball of yarn, poster, or tin of paint to the street and creating something of your own is a statement of individual willpower and stands against the kind of society that seeks to flatten peoples viewpoints and ideas.

What are your plans for the rest of 2013?

JUMBO: For the rest of 2013, I plan on doing a few overseas jaunts, a couple of shows here in Sydney and a hell of a lot more painting on walls.

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ZAP can be found online, here.

JUMBO can be found online, here.