Jorge Pomar art exhibition Paris street art graffiti interview Le MUR Oberkampf. Photo by Demian Smith copyright 2014

Des animaux aux contours naïfs arborant des armes, peints sur un mur public à Paris ? Une conversation avec l’artiste Argentin Jorge Pomar (AMOR), nous révèle le peu d’anxiété ressenti concernant le contraste de tels images.

Venu à Paris pour peindre Le M.U.R. – l’ancien panneau publicitaire de trois mètres par huit, situé dans le 11ème, et allouer par la ville de Paris pour la promotion de l’art urbain -  sa dernière œuvre, ci-dessus, est enfantine et colorée, sert en fait de véhicule à un message bien plus sombre, proche de celui de son exposition à La Friche en 2013, un espace d’exposition à Belleville.

L’œuvre de Pomar, créée sur Le M.U.R. peut vous attirer par ses rayons de soleil bienveillants, mais ce mural n’a rien d’un jardin d’enfant : Attention à la douche froide.

Ci dessous, notre rencontre avec Pomar :

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Récemment, j’ai eu l’occasion de visité l’atelier de Zezão à Sao Paulo. Zezão est un street artiste brésilien qui s’est fait la main dans la pixação, une forme de graffiti unique née entre Sao Paulo et Rio de Janeiro. Par le passé, alors qu’il souffrait d’une dépression, l’artiste est notamment intervenu dans des espaces paupérisés et à l’abandon tels que les égouts de la mégalopole.

Le Flop, sa désormais célèbre signature consistant de formes organiques bleues claires, contraste avec ces lieux sombres et froids, leur redonnant un peu de vie ainsi qu’un sentiment de pureté. Depuis que ce derniers ont été découverts par les médias en 2003, Zezão a pu exposer son travail dans des villes telles que New-York, Londres, Paris et bien d’autres encore. Actif sur la scène graffiti, il produit également des photographies, des installations et des vidéos d’art.

Tout en restant très attaché à ses racines dans l’univers pauvre de la banlieue de Sao Paulo, Zezão est un artiste engagé et soucieux de l’exclusion sociale. L’Année dernière, il a recueilli un SDF toxicomane et lui donnant la possibilité de se réhabilité, soit celle de travailler et d’apprendre à produire de l’art.

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Zezão peint sur le sol en dehors de la Maison des Métallos à Paris. Photo: Zezão

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Zezão peint à São Paulo. Photo: Zezão

graffiti paris architecture brasil pixacao sao paulo street art paris underground - Photo: Fernanda Hinke copyright 2013

Zezão peint à São Paulo. Photo: Fernanda Hinke © 2013

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Zezão peint à São Paulo. Photo: Zezão

Présentes-toi :

J’ai commencé à faire du graffiti en 1995, à un moment où cette pratique était encore marginale. Mais auparavant, alors skateur, je faisais des « Pixação » ( une forme de graffiti née à São Paulo ), et j’ai toujours appartenu aux mouvements urbains. Je viens de la troisième génération de graffeurs au Brésil, juste après la seconde génération avec des artistes comme Os GêmeosSpeto et Binho.

Peux-tu nous expliquer le concept du ‘Flop » ?

Le Flop provient du flow-up et du mot vicieux. C’est mon logotype. Une forme bleue, abstraite et organique avec des influences tribales, que j’utilisais pour contraster avec les territoires inhospitaliers dans lesquels j’intervenais.

 Pourquoi as-tu commencé à travailler dans les égouts ?

Le graffiti, c’est le reflet de ma vie. J’ai grandi en banlieue. Je n’ai pas vraiment fait d’études. J’ai perdu mes parents alors que j’étais adolescent, et je travaillais en tant que coursier. Je n’avais pas eu beaucoup de chance dans ma vie.

Dans les années 1990, il y avait beaucoup de répression policière au sein de São Paulo. En 1998, j’ai commencé à peindre à Moinho Matarazzo (quartier entourant l’usine du même nom, aujourd’hui devenue une favela), pour m’éloigner au plus de la répression.

Plus tard, j’ai décidé de travailler dans les égouts. J’étais déprimé, et l’endroit était déprimant, l’art me servait de thérapie. Ces endroits sales étaient parfait pour me tenir à l’écart du monde et de la répression. Je me suis fermé au monde et c’est à ce moment que j’ai le plus réfléchit sur ma vie et sur ma condition. Tout s’entremêlait. J’étais vraiment très déprimé à l’époque où je me suis retrouvé dans les égouts. Mais je n’étais pas assez courageux pour me suicider, et je me suis dit : c’est très risqué d’être ici, on pourrait me tuer. Ce trou pullulait de rats et de cafards, mais l’art m’a sauvé. Dans l’obscurité, j’ai trouvé mon chemin.

Tu travaillais dans des endroits cachés, comment as-tu été découvert ? 

En 2003, j’ai posé ma première image de graffiti sur Fotolog, je montrais aux gens : c’est ça mes graffitis ! Les gens ont commencé à me demander où les trouver, et je me moquais en leur disant « juste sous tes pieds ». Quand les médias ont découvert ce que je faisais, j’ai dû m’expliquer. A ce moment, J’ai compris que mon travail pouvait avoir un impact sur la société. J’ai décidé de devenir un « agent » même si je devais opérer de façon transgressive, mais je voulais agir dans et pour ma ville. Je leur ai montré que mon message était pacifique. Je veux être le Robin des Bois de l’art. Je vais amener l’art à ceux qui ne savent pas ce que c’est.

pixacao graffiti paris underground street art sao paulo graffiti interview zezao - Photo: Fernanda Hinke copyright 2013

zezao street art gallery art brasil graffiti paris underground - Photo: Fernanda Hinke copyright 2013

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zezao brasil street art pixacao flop underground sewers Photo: Fernanda Hinke copyright 2013

zezao brasil street art pixacao flop underground sewers Photo: Fernanda Hinke copyright 2013

Zezão peint à São Paulo. Photo: Fernanda Hinke © 2013

Qu’a changé le fait d’être découvert par les médias ?

Après cette expérience dans les égouts, j’ai ressenti le besoin de sortir hors de ces murs et d’essayer autre chose, sans pourtant avoir l’ambition d’être un artiste. Je m’intéressais au pinceau, à la peinture, au graffiti, aux installations, la vidéo, l’écriture. Je ne voulais pas tomber dans une routine. Le graff fait partie de moi, rien n’est comparable à la synergie de la rue, la performance et les risques. Mais j’ai décidé de faire quelque chose de nouveau.

Plus tard, j’ai rencontré Mariana Martins, la directrice de Choque Cultural, la première galerie spécialisée dans le Street Art au Brésil, qui essayait d’introduire des rebelles comme Os Gêmeos, Speto et d’autres au marché de l’art.

En 2004, j’ai eu une première opportunité de montrer mon travail dans une galerie, de vendre, mais je n’utilise pas de toiles, j’ai toujours peint sur des supports trouvés dans la rue. J’ai mes propres opinions. Mes racines étaient très marginalisantes, et aujourd’hui je navigue dans l’océan de l’art. Mais je sais faire le pont entre ces deux mondes.

Pour moi, le graffiti n’aura jamais sa place sur un support en toile ou dans un musée.

Quel équilibre as-tu trouvé entre une pratique d’atelier et la rue ?

J’ai 41 ans. Je réfléchis à ma vie et c’est incroyable. Je côtoyais des voyous et aujourd’hui, je fréquente des gens dans la norme. Ca faisait déjà un moment que c’était devenu une niche dans l’art contemporain, mais je respecte toujours la rue et les “maloqueiragem” (« les gars de la rue »). Je ne vais pas mordre la main qui me nourrit. Je ne veux pas peindre sur toile, la rue est toujours très présente dans mon travail et je peux voyager et on me propose de bonnes conditions pour l’aspect commercial de mon travail. J’aime mon atelier et j’aime tout autant la rue.

Le Pixação et le graffiti, c’est la même chose pour toi ? 

En ce moment, il y a beaucoup de polémiques quant à la différence entre le Pixação et le graffiti. Pour moi, les différences sont surtout esthétiques. Le Pixação et le graffiti parlent chacun de la pureté de la transgression, du vandalisme et d’art révolutionnaire. Les deux cassent les codes de mouvements plus classiques. Bon an mal an, ce sont des démarches illégales et des modes d’expression libres et explicites. Parfois il s’y dégage une beauté et ils parlent de paix, parfois ce sont des monstres qui portent des messages très agressifs. Conceptuellement, le graff et le pixação sont la même chose.

Parles-moi de Índio, le SDF que tu as « adopté » ?

C’est un moment très important de ma vie en termes de réflexions sur les valeurs. J’ai proposé à Índio, un ancien SDF toxicomane de travailler avec moi. J’explore à nouveau les concepts dans mon travail, je collectionnais auparavant des ordures, je vivais dans une favela et aujourd’hui, j’accueille quelqu’un qui vient de Cracolândia, un maloqueiragem. J’ai grandi avec cette bande de voyous.

Il me ramène des ordures. Quand je lui ai dit que j’avais besoin de têtes de lit, il en a trouvé plus de 30. Il reçoit une commission sur chaque pièce que je vends. Notre collaboration est la fois humaine et spirituelle. On s’aide mutuellement.

C’est bizarre, j’ai des préjugés sur les gens qui n’ont pas de compassion. Ok, quand je travaillais dans les égouts, c’était normal que les gens m’évitaient. Personne ne veut s’approcher des égouts. Aujourd’hui, des années plus tard, je veux adopter quelqu’un qui vient de la rue, et je veux faire de lui un artiste, et pourtant les gens ont des préjugés? C’est le vrai Zezão. C’est l’essence de mon travail, et je ne vais pas leur lancer la première pierre. J’ai des sentiments très forts pour ces gens. C’est ma façon à moi d’être un maloqueiro.

Certains des street artistes qui exposent dans les galeries, musées, les institutions, ont perdu leurs racines underground et leur pureté. Je ne dirais pas que c’est une posture décadente, au contraire, je vois ça comme une évolution. Aux yeux de la société conservatrice, on était des marginaux, maintenant on vend des toiles pour 30,000 reals (environ 10 000€, ndlr). Avant, on était des marginaux, maintenant, on est appréciés. Ce n’est pas mon cas, et même si cela peut porter atteinte à ma carrière d’artiste, je ne vais pas changer d’éthique et ce que je suis. J’ai envie de gifler tous ces faux-semblants.

zezao portrait street art sao paulo atelier pixacao graffiti paris underground - Photo: Fernanda Hinke copyright 2013

Índio (sur la gauche) et Zezão, dans son atelier à São Paulo. Photo: Fernanda Hinke © 2013

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Zezão expose en ce moment au Brésil à la galerie Athena Contemporânea, Rio de Janeiro.

En mai, Zezão se rendra à Londres sur une invitation de Cedar Lewisohn, anciennement commissaire d’exposition à la Tate Modern.

D’autres projets futurs incluent sa participation à ‘Living With Water’ à Hambourg afin de collecter des dons pour des projets environnementaux dans des pays en voie de développement.

Il interviendra également à Bales et Frankfort avec, entre autres, les artistes Os Gêmeos, Nunca and Speto.

Pour plus d’information sur Zezão,  cliquer ici.

entretien-graffiti-paris-HOPNN Paris street art rue denoyez - bike art  Photo : Ludovica Giulianini Photo : Ludovica Giulianini

En se promenant dans une ville,  personne ne paie vraiment attention aux murs qui les entourent. C’est probablement l’effet de l’ubiquité de la publicité, on est assailli d’images, quel que soit le lieu où l’on se déplace. Pourtant, si ce qui se trouve sur les murs se trouve être la présentation d’un homme mangeant une voiture en forme de tube de rouge à lèvres, on ne peut que le remarquer.

Les interventions artistiques dans la rue de Yuri (aka HOPNN – YURI en Alphabet cyrillique), un artiste italien qui vient de s’installer à Paris, sont composées de personnages oniriques peints en blanc et rouge, caractérisés par la présence de vélos comme élément principal « sacré » de sa production.

HOPNN s’est inspiré des cyclistes à Rome- si vous vous êtes déjà rendu dans cette ville, vous savez que c’est une ville occupée par les embouteillages.

Ludovica Giulianini, une reportrice pour Underground Paris, a rencontré HOPNN un weekend alors qu’il repeignait un mur de la rue Dénoyez à Paris dans le 20ème arrondissement et nous fait part de leur échange (et de la photo de son vélo et ses traces de peinture!).

HOPNN street art Paris - bike art (4) Photo : Ludovica Giulianini

Photo: Ludovica Giulianini © 2013

« Grandir dans un petit village n’est pas facile, il n’y a rien à faire. Le graffiti est l’une des seules occupations pour les jeunes là-bas, et c’est comme ça que j’ai commencé, à l’âge de 15 ans. Passer du graffiti au street art a été une transition naturelle, notamment  par le biais de mes études aux beaux-arts de Rome. »

« Quand j’habitais dans ma ville natale, à Chiaravalle (dans le centre Est de l’Italie), je me déplaçais toujours en vélo. Quand je suis arrivé à Rome, j’ai rapidement compris que ça ne serait pas si facile, peut-être même de l’ordre d’un sport extrême. J’adorais participer aux événements publics à Rome; j’aimais le fait que, durant ces balades, c’étaient les vélos et non les voitures qui créaient des embouteillages. »

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Photo: Ludovica Giulianini © 2013

HOPNN street art Paris - bike art (2) Photo : Ludovica Giulianini

Photo: Ludovica Giulianini © 2013

Yuri me dit que de peindre des représentations de vélo est devenu un message politique à ses yeux. Même si, aujourd’hui, « le vélo est devenu quelque chose de plus abstrait dans mon travail; les vélos me permettent d’aborder d’autres thèmes, pas simplement pour encourager les gens à s’en servir comme moyen de transport. Pourtant, un jour, alors que je peignais un mur, un inconnu m’a abordé, et reconnaissant mon travail, il m’a confié qu’il avait commencé à utiliser ce mode de transport après avoir vu mes affiches dans la rue. C’était une joie et une vraie victoire. »

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 Photo: HOPNN.com ©

HOPNN street art Paris bike art (7) Photo: Demian Smith copyright 2013

Photo: Demian Smith © 2013

« A Paris, les gens sont plus attentifs aux cyclistes et aux piétons qu’à Rome ». Il aime peindre dans les rues de Paris: “il y a des lieux où c’est autorisé, et coller des affiches est également toléré. Le seul problème, c’est que le recyclage des œuvres est intense, et le travail des uns est rapidement recouvert par d’autres”. Mais ça fait partie du jeu, tant qu’il peut continuer à peindre…

HOPNN street art Paris bike art (5) Photo : Ludovica Giulianini

Photo: Ludovica Giulianini © 2013

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  Photo:  HOPNN.com ©

Si vous souhaitez rencontrer Yuri à Paris, prenez part aux cours de l’Académie des Beaux-Arts, car il travaille à temps partiel en tant que modèle (c’est le bonhomme nu au milieu de la pièce si ça n’était pas clair!)

Yuri s’attelle à inventer une voiture à pédales (j’imagine quelque chose de similaire à la voiture des Pierrafeux!).

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  Photo: HOPNN.com ©

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  Photo: HOPNN.com ©

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Le site de HOPNN, ici.

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Fernanda Hinke s’intéresse également au déplacement en vélo dans Paris, mais d’un point journalistique. Plus de détails sur son blog, My Life on My Bike, ici.

David Walker exposition graffiti paris - Paris Underground. Photo: Art of David Walker Facebook copyright 2013

David Walker, artiste urbain basé à Berlin, est une figure incontournable des rues de Berlin et Londres, et c’est le dernier artiste en date à avoir été invité par l’association le M.U.R. Il a créé l’un de ses portraits fragiles, sa signature artistique. Ludovica Giulianini nous parle du véritable art de Walker.

Sur les 140 artistes à avoir créés des œuvres éphémères sur Le M.U.R. depuis son inauguration en 2007, peu ont réussi à déployer la même beauté que le portrait de Walker sur cet ancien panneau d’affichage de 8 mètres sur trois, prêté par la mairie dans le but de promouvoir le street art.

Les peintures de portraits sont peut-être le challenge le plus difficile pour les artistes. Pas à cause des difficultés à représenter le vrai visage d’une personne, mais à cause de la quasi-impossibilité de reproduire l’aura de cette personne, et les émotions dégagées par les expressions du visage, d’un seul trait.

Il y a des millions de citations d’artistes qui décrivent la difficulté à peindre des portraits. Mais quand je regarde le travail de David Walker, une seule me vient à l’esprit : « Un portrait, pour être une œuvre d’art, ne doit pas, ni ne devrait ressembler au modèle. Le peintre doit trouver en lui les paysages qu’il veut produire. Pour représenter un visage, on ne doit pas peindre ce visage, on doit peindre ce qui s’en dégage. » Umberto Boccioni (1882-1916), peintre et sculpteur appartenant au Futurisme, Manifeste technique de la peinture Futuriste, 1910.

Ce n’est pas la représentation du visage par Walker qui est impressionnante. C’est le fait qu’il soit capable de reproduire ce qu’il se dégage de ce visage qui en fait une véritable œuvre d’art.

Il dépeint des émotions et les reproduits dans un vortex de couleurs dansantes. En regardant cette œuvre, et après avoir réalisé que c’est un visage qui ressort de cette masse de couleurs, on se sent serein.

Au travers des années, David Walker a développé une technique unique. Il peint directement à la bombe. Il n’utilise aucun pinceau et le résultat, d’un point de vue strictement technique, est l’un des plus étonnants du genre.

(photo, haut: Facebook page de David Walker)

David Walker exposition graffiti paris street art Paris Underground. Photo: Demian Smith © 2013

Vernissage à Le M.U.R..

David Walker Le MUR - Paris street art - exhibition - Underground Paris. Photo: Demian Smith 2013 (6)

David Walker exposition graffiti paris Le MUR - street art Paris underground. Photo: Demian Smith © 2013

Exposition David Walker graffiti paris Le MUR Paris street art paris Underground. Photo: Ludovica Giulianini © 2013

Photo: Ludovica Guilianini © 2013

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L’oeuvre de David Walker sera visible sur Le M.UR., 107 rue Oberkampf, jusqu’au 13 juin 2013

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Le site de David Walker, ici.

David Walker expose juqu’au 1er juin à la Galerie Mathgoth.

SAMBRE - La Tour Paris 13 - Paris street art Photo by Jeanne-Marie Laurent

SAMBRE fait aujourd’hui partie des street artistes français les plus en vue, en particulier grâce à ses créations en bois réalisées en volume, un support de travail qui lui vient de son enfance, ayant grandi dans une ferme d’Ardèche. Membre actif de la scène graffiti parisienne, il allie cette pratique artistique atypique à son parcours scolaire classique, dans un premier temps comme menuisier puis comme artiste.

La première fois que nous nous sommes rencontrés, c’était en 2012, à l’arrière du Vingtième Théâtre à Ménilmontant. SAMBRE a évoqué une exposition illégale et éphémère qu’il montait avec son crew, les 1984, intitulée le Musée Imaginaire, et qui devait se tenir le week end suivant dans un lieu secret, le jour de l’élection du nouveau président la République. Les anciens bâtiments électriques d’EDF jouxtant les Buttes Chaumont, dans le 19ème arrondissement, allaient être investis par 12 artistes du crew du jour au lendemain.

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Tour Paris 13 exposition art La Sablière (1)

Paris, 13ème arrondissement. 1 tour, 9 étages, 100 artistes. Ce sont ces quelques chiffres qui nous introduisent dans l’aventure de la Tour 13. Pari lancé par le galleriste Mehdi Ben Cheikh, gérant de la galerie parisienne Itinerrance, la Tour 13 est un ancien immeuble d’habitations destiné à être détruit dans moins d’un mois.

Avant cette date fatidique, Mehdi a décidé d’occuper les lieux afin d’offrir au public la plus grande street galerie parisienne. A l’image des Bains Douches, dans le 10ème arrondissement, il y a quelques mois, la Tour 13 a ainsi abrité pendant plus de 6 mois des artistes internationaux issus de toutes les branches du street art actuel. Armés de leurs bombes, de leurs pinceaux, … ces artistes ont travaillé sans relâche pour faire revivre ces lieux abandonnés.

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Notre-Dame-de-la-Croix church Ménilmontant Paris street art Belleville wheatpaste (2) (1)

Quand le street art s’affiche sur un bâtiment délabré abandonné, très bien. Mais quand le street art se fait sur l’escalier monumental d’une église néo-romano-gothique du XIXe siècle, dans un quartier de la classe ouvrière, c’est quoi ce b*#!.

En voyant une illustration collée sur parvis de Notre-Dame-de-la-Croix à Ménilmontant, dans un premier temps, je suis surpris d’une telle audace. Les graffeurs parisiens ont des codes qui assurent que les églises sont laissées tranquilles. En outre, mes études à l’école primaire de la Sainte-Trinité (Église d’Angleterre) à Londres, et les années passées dans l’association des Scouts, ont servi à m’ennoblir d’un sens de la morale religieuse et à respecter Dieu et ses manifestations moins éthérées sous la forme du curé, de l’évêque, de l’église, de la cathédrale. Tout ce qui, j’en suis certain, ne laisse aucune place à des interventions artistiques illicites de toute nature.

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Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Fernanda Hinke (1)

Grâce à Kashink, mariage pour toutes et street a rt se sont donné la main ce week end. Pour soutenir l’égalité des droits, l’artiste urbaine vient de réaliser un mural phénoménal au bord du canal Saint Martin.

Pendant ce temps, hier, plus de 60 000 défenseurs du mariage et de l’adoption par les couples de même sexe étaient à la Bastille, alors que le débat, initié par le gouvernement de François Hollande, va débuter à l’assemblée nationale, le 29 janvier prochain.

Fernanda Hinke, contributrice de Underground Paris a rencontré Kashink et l’a interviewée à propos du mariage pour touTEs et de l’art urbain quand Richard Beban, photographe et co-éditeur du journal numérique  Paris Play ,couvrait la manifestation.

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Paris, hier a vu plus de 60 000 manifestants défiler en faveur du mariage homosexuel. Le débat arrivera à l’assemblée en janvier, face à une forte opposition de la droite et des groupes religieux.

Plutôt que d’attendre à ne rien faire, Kashink a décidé de prendre les choses en main et d’utiliser le pouvoir des bombes de peinture pour crier ce que beaucoup de gens mettent trop longtemps à admettre. Je trouve formidable que le street art puisse jouer un rôle et  initier un dialogue sur ce débat de cette manière. J’appelle cela « La démocratie, sur les murs de la ville »

- Fernanda Hinke, Contributing Editor (traduction Olivier Forgeron)

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Fernanda Hinke (1)

 

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Fernanda Hinke (1)

 

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Fernanda Hinke (1)

 

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Fernanda Hinke (1)

En quoi l’art urbain peut-il aider à faire évoluer les valeurs de la société ?

En tant qu’artiste urbain, j’ai toujours tenté de faire passer un message dans ce que je fais. Peut-être que certains feront le lien, d’autres non, on ne sait jamais. Ce que je sais, tout de même, c’est que l’art urbain possède des racines subversives (comme les pochoirs anarcho-punk) et j’aime l’idée de prolonger cela. Les personnages que je peins sont très colorés et parfois ils semblent échappés d’un livre d’enfants. Je pense que c’est plus facile de faire passer un message si le tout semble futile et amusant.

Pour la pièce du canal saint martin, je voulais mettre en avant le coté romantique. Ces deux personnages semblent heureux, mais ils sont aussi un peu timides. Je voulais qu’ils soient mignon. La plupart des gens qui sont passé ou qui m’ont regardé peindre ont répondu positivement au message. J’espère vraiment que bientôt que la légalisation du mariage pour touTEs sera acceptée comme l’a été le droit de vote des femmes.

Avez-tu l’intention que ta peinture fasse le lien avec la manifestation de dimanche à Paris ?

Oui, j’ai commencé à travaillé dessus mercredi, je suis revenue jeudi et j’ai fini samedi. C’était un vrai défi de la finir dans les temps car je savais que la manif aurait lieu dimanche. Le mur n’était pas sur le trajet de la manifestation mais c’est ma modeste contribution. J’ai entendu dire qu’il y a eu plus de 50 000 manifestants cet après-midi, j’espère vraiment que le gouvernement aura le courage de tenir ses promesses.

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Street art du mariage homosexuel par Kashink a Canal Saint-Martin. Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012 (10)

 Photo: Richard Beban and Paris Play copyright 2012

Les propos tenus n’engagent que leurs auteurs.